Nous autres, électroniciens passionnés, connaissons le prix à payer pour assouvir librement notre passion. Parfois le goût du succès est amer. J’ai souvent bien du mal à coller une étiquette de prix sur le fruit de mon travail quand je dois le vendre.
La question sous-jacente à la culture du tout gratuit reste celle des coûts réels de notre création, artistique ou scientifique, et de notre rémunération d’auteurs. Ma conviction est faite : ce que je cède à la communauté est largement compensé par ce que je reçois d’elle en retour.
Le principe du copyleft, c’est-à-dire la renonciation aux droits d’auteur, est profondément ancré dans la pratique de l’électronique. Personne n’a jamais songé à demander à Max Wien le droit d’emprunter son fameux pont ! Notre premier réflexe de concepteur quand quelque chose ne marche pas comme prévu est d’aller voir comment d’autres ont fait. Autrefois le point de rencontre de notre communauté de pensée était la machine à café, maintenant c’est l’internet.
N’en déplaise aux avocats et plus généralement aux promoteurs de lois liberticides, celles-ci n’auront jamais raison de la curiosité.
via Jaime González-Arintero Berciano | Elektor