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André Dupouy aux commandes, et le président Jean-Luc Lusoli (debout). (photo j.-m. l.)

Le Radio club du Pays tonneinquais est champion de France 2011, un titre que, restons modestes, il a gagné haut la main avec l’ensemble des clubs du département. Mais c’est sur ses terres, dans la salle d’Ayet, qu’il sera fêté dimanche, tous sur la même longueur d’onde.

Pourtant le club tonneinquais ne compte qu’une dizaine de membres, qui se réunissent chaque vendredi soir dans les anciens abattoirs. L’objectif de ce concours est d’établir le plus de contacts possibles entre radioamateurs, et ce le plus loin possible et avec le plus de participants de surcroît. Pour l’occasion, ils étaient 127 Lot-et-Garonnais sur les rangs.
Le « bunker »

André Dupouy est depuis longtemps à l’écoute de ceux qui partagent l’amour des ondes partout dans le monde. On remarque bien derrière sa maison une antenne plus haute et plus large que d’ordinaire, mais son antre, « presqu’un bunker » dit-il en souriant, est niché au fond de son garage. Là, entre ordinateur, émetteur, compteurs et cadrans en tout genre, il passe des heures à prêter l’oreille au moindre grésillement, mais son hobby est très codifié, voire sévèrement réglementé.

« Pour être radioamateur, il faut des examens validés par l’Agence nationale des fréquences radios, à la fois théoriques et techniques, et nous n’allons que sur les cinq portions de bandes et fréquences qui nous sont attribuées », explique-t-il.
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[column]Le but du jeu est d’établir un contact avec un collègue, qu’il soit dans l’Hexagone, en Australie ou en Chine. « Lorsque le contact est établi, nous échangeons nos indicatifs, on note la fréquence et l’heure, le report (la qualité de la réception) et le département ou le pays. » Pour preuve de ce contact, les radioamateurs s’échangent après des « QSL », sortes d’accusés de réception sous forme de carte postales personnalisées centralisées et transmises par chaque fédération nationale. « Des QSL, j’en suis à 24 000… », assure André Dupouy. « Certains en cumulent plus de 100 000 », confirme Jean-Luc Lusoli, président du Radio-club tonneinquais.
Rois du Maroc ou d’Espagne

Mais que peuvent bien se raconter les radioamateurs ? Eh bien, des histoires de radioamateurs, et rien de plus ! « Nous n’avons pas le droit de parler politique, ni même de raconter ce que l’on fait pousser dans son jardin », assure sans rire le président. « On ne doit parler que de technique, dire de quel type de matériel on dispose, à la rigueur faire savoir s’il fait beau, mais rien de plus. On peut être en contact avec des personnes depuis dix ans, sans savoir ce qu’elles font dans la vie… »

Et pour se comprendre, il est préférable de maîtriser l’anglais, ou bien le morse, comme André Dupouy qui tire fort bien son épingle du jeu en la matière. Pour les moins aguerris, des logiciels permettent également de décrypter le morse.

Et la passion coûte-t-elle cher ? « On peut démarrer avec du matériel d’occasion à 500 euros, ce n’est pas ultra-sophistiqué et on apprend vite. En France, le plus jeune radioamateur a 10 ans, le plus vieux 103 ans. » Et parmi les adeptes, on compte même les rois d’Espagne et du Maroc. Une passion réellement souveraine…

Pour tout renseignement au 06 14 19 85 25.
via sudouest.fr[/column][/col-sect]