La section radioamateur du CSAD compte une dizaine de passionnés, dont Dimitri Frizon et Philippe Eckenschwiller (2 e et 3 e en partant de la gauche). Photo DNA

Tout a commencé dans les années 70. Période charnière où le régiment quitte Landau en Allemagne pour s’installer en Alsace. « À ce moment, on a fait la demande d’un indicatif français », explique Dimitri Frizon. Ce sera F5KBB.

La section qu’il préside fait partie du club sportif et artistique de la Défense (CSAD). À ce titre, elle est ouverte à tous. Aux militaires bien sûr. « Historiquement, dans beaucoup de régiments des armées, il y a eu des gens formés aux transmissions », enchaîne Philippe Eckenschwiller. Certain d’entre eux ont toujours gardé la fibre. Au 44e, c’est encore différent, puisque « les connaissances techniques font partie de nos formations ». Ici, la radiotélégraphie, on l’a dans les gènes.

Mais le radioamateurisme a aussi ses passionnés chez les civils. Il y en a d’ailleurs plusieurs sur la dizaine de membres qui fréquentent les locaux de la section, au quartier Moussy. C’est le cas de Jean-Matthieu Stricker. « Les radioamateurs sont des passionnés de technologies de communication et de tout ce qui touche aux sciences. On en voit dans toutes les catégories sociales », décrit l’ingénieur en électronique pour un grand groupe du secteur automobile. Certains sont aussi arrivés là après avoir très vite éprouvé les limites de la CB (prononcer « cibi »).

Ne devient pourtant pas radioamateur qui veut. «Il faut passer un examen », précise Jean-Matthieu. « Il y a des règles de procédure à respecter, un minimum de choses à connaître pour faire fonctionner l’émetteur et pour éviter de brouiller les ondes des services publics ». Le prix de la passion : 46 euros par an. Mais c’est en quelque sorte « un forfait illimité pour communiquer avec le monde entier », sourit l’intéressé.

C’est précisément ce que font les radioamateurs de Mutzig, deux fois par semaine: le mardi soir et le dimanche matin. Parfois, aussi, ils se retrouvent pour de la compétition. Car oui, cet aspect-là des choses existe aussi. « Pour marquer les 40 ans du 44 e, on a participé au championnat de France et au challenge Ferrié », raconte ainsi Dimitri Frizon. «Tous les ans, il y a un classement des clubs. On attend de l’avoir cette année, avec l’espoir d’obtenir la 2 e ou la 3 e place ».

Pour les personnes qui seraient intéressées, à noter la possibilité de suivre des formations de radiotélégraphie avec les clubs de Strasbourg (www.ref67.fr) ou de Walbourg (www.f5kav.org).

D’utilité publique

Si le radio amateurisme est avant tout une passion exercée comme telle par les clubs ou en solo, c’est une activité reconnue d’utilité publique », explique Jean-Matthieu Stricker, membre de la section du CSAD. Elle joue un rôle dans la sécurité civile. Lors de catastrophes naturelles, en cas de panne générale des réseaux, on recourt bien souvent à elle. Ce fut récemment le cas lors des tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, ou encore lors du tremblement de terre à Haïti. « Avec peu de moyens et d’énergie, on peut grâce aux ondes radio communiquer avec n’importe qui dans le monde, sans maîtriser la langue de l’interlocuteur »

via Les Dernières nouvelles d’Alsace