Philippe Eckenschwiller au sommet de la Tour Eiffel, lors d’une journée d’essai avant la mise en service de la station éphémère.

Tous deux majors au 44 e RT et tous deux membres de la section de radio amateurs du CSAD de Mutzig, ils resteront fixés en haut de la Tour Eiffel jusqu’à samedi soir pour une opération exceptionnelle. Explications.

Au centre des convoitises. Celles de radioamateurs du monde entier. Nul doute que Dimitri Frizon (F5SWB (*) devant le poste) et Philippe Eckenschwiller (alias F5SKW) seront très sollicités jusqu’à samedi.

Et pour cause: avec trois autres militaires comme eux, les deux hommes, membres de la section radio amateur de Mutzig (lire ci-dessous), sont postés depuis hier au sommet de la Tour Eiffel. Ils y resteront jusqu’à demain.
La raison d’être de l’opération est double

«Au bas mot, on devrait faire 2 000 contacts sur les trois jours», estime Dimitri Frizon. «On va émettre en continu avec deux stations, en activant à 7 h – 8 h le matin jusqu’à 23 h le soir», complète Philippe Eckenschwiller.

«Une station présente un gros intérêt selon trois critères: la rareté de l’indicatif, la distance, ou le caractère exceptionnel de l’émission», reprend le major Frizon. Traduction: «C’est pas tous les jours qu’on établit une liaison avec Monaco ou l’Australie». Ça, c’est pour les deux premiers cas de figure. Et puis parfois, des autorisations ponctuelles de fréquences sont données. La réactivation de la Tour Eiffel entre dans ce cadre.

Ces derniers jours, du matériel (postes d’émission, antennes…) a été installé au sommet de la Dame de fer. La station éphémère aura pour indicatif TM70TE (*). Pour les radio amateurs du monde entier, établir le contact avec elle et en obtenir le QSL (*) forcément collector sera, vu le symbole du monument, un trophée de premier ordre.

La raison d’être de l’opération est double. D’abord, elle coïncide avec le 70 e anniversaire de la création de l’arme des transmissions. Ensuite, elle permettra de rendre hommage au général Gustave Ferrié (1868-1932), créateur de la radiotélégraphie militaire. Ce dernier, en 1903, avait utilisé la Tour Eiffel pour des expériences qui lui permirent d’être précurseur dans la radiodiffusion sans fil.
En phonie mais aussi en morse

Jusqu’à demain, Philippe et Dimitri, avec leurs trois camarades, répondront donc à des appels venant du monde entier. Ils le feront en phonie (l’anglais étant le plus souvent utilisé) ou bien… en morse. Et pour dire quoi ? «Le contenu de la communication est avant tout technique. C’est un échange d’infos qui suit un langage codifié. Le but est de savoir quel est le matériel utilisé, sa puissance, comment est la qualité de réception…», énumère Philippe Eckenschwiller.

Pour les radioamateurs de France et d’ailleurs, l’essentiel sera avant tout d’être parvenu à établir la liaison avec la Tour Eiffel. Car «la différence avec internet, c’est qu’on n’est jamais sûr à 100 % que ça marche», explique le même. «Ça dépend de la météo, de l’heure de la journée…» N’empêche. Lui et Dimitri Frizon seront quelques heures très courtisés à travers tout le monde… des ondes.
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C’est à peu près le nombre de radio-amateurs qui seraient actifs en Alsace. Dans le monde, il y en aurait environ trois millions. Parmi les pays qui en ont le plus, on peut citer le Japon ou les États-Unis. Cette pratique reste par contre interdite dans de rares pays, type Corée du Nord ou Yémen.
via les Dernières Nouvelles d’Alsace

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