Des collégiens ont confectionné un ballon sonde, pour effectuer des relevés dans l’atmosphère. Tous attendent désormais de savoir où il a pu atterrir pour le récupérer. Et analyser le vol.

Le lâcher du ballon sonde s'est déroulé jeudi, au collège Gabriel-Marie Scellier, sous une pluie battante.

« Cinq, quatre, trois, deux, un… c’est parti ! » En moins de quelques secondes, les élèves du club météo du collège Gabrielle-Marie Scellier, ont vu une année de travail s’envoler sous une pluie battante.

La scène s’est déroulée jeudi, près du gymnase du collège. Sur place, la quinzaine de membres du club météo et leurs enseignants encadrants ont procédé au lâcher d’un «ballon sonde », un projet soutenu par le Centre national d’études spatiales (CNES) et par Planète sciences Picardie.

«Un club météo a été créé il y a trois ans, avec des élèves volontaires, explique Philippe Ternisien, professeur de technologie en charge du projet. L’an dernier, nous avons mis en place un capteur pour effectuer des relevés météo sur Airaines et publier les données sur internet. Cette année, les élèves ont élaboré une nacelle pour envoyer un ballon sonde à 30 km du sol. À l’intérieur, ils ont mis des capteurs pour relever les températures, la pression atmosphérique, les mouvements de la nacelle. » Un GPS a également été intégré pour «émettre par SMS la position de la nacelle lors du déplacement » ainsi qu’une caméra embarquée pour «voir la courbure de la planète ».

Reste que si le décollage a été retardé par un arbre «en plein dans la trajectoire » et une météo peu conciliante, le ballon sonde a pris son envol à 14 h 54. « À 15 h 02, il était au-dessus de Liercourt et avait dépassé les mille mètres d’altitude, précisent Philippe Ternisien et Stéphane Krauss. Nous n’avions plus de signal GPS mais nous savons qu’il s’est orienté vers le nord-ouest. »

Vers 16 h 30, le ballon sonde a disparu des écrans au sol. «Nous avons perdu la télémétrie, c’est-à-dire que nous n’avions plus aucun relevé de capteurs, ajoutent les enseignants. À ce moment – là, le ballon était en descente. Nous estimons qu’il était à environ 8 000 mètres d’altitude. »

Mais où le ballon sonde des collégiens a-t-il atterri ? C’est la question qui taraude ces scientifiques en herbe.
, expliquent les professeurs. Une chose est, d’ores et déjà, sûre : à l’heure actuelle, la nacelle avec les capteurs a forcément rejoint la Terre. «Nous n’avons toujours pas de signal, alors peut-être que la nacelle est dans une zone blanche, sans réseau. Nous devons attendre que quelqu’un la trouve et nous contacte pour nous la restituer. Si elle est tombée en mer ou dans une rivière, ça risque de prendre plus de temps pour qu’elle soit repérée. Mais nous sommes confiants, car elle va forcément flotter et tous les composants sont dans des boîtes étanches », concluent-ils.

Et lorsque la sonde aura regagné le collège d’Airaines, les apprentis météorologues et leurs enseignants pourront décortiquer les données collectées à des milliers de kilomètres au-dessus de leurs têtes.

ALEXANDRA MAUVIEL

Si vous retrouvez le ballon sonde du collège d’Airaines, contactez le 03 22 29 41 13.
via Le Courrier Picard

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