UNE TRENTAINE de personnes sont réunies dans la cour du lycée Xavier-Marmier, peu avant 14 h. Le ballon stratosphérique, élaboré par des élèves de Marmier et aussi de Toussaint-Louverture, va bientôt décoller.

Élèves, dont certains à VTT, enseignants, membres de l’association de radioamateurs de Pontarlier se pressent autour de deux bâches qui enveloppent le ballon. David Geoffroy du CNES (Centre national d’études spatiales) est en train de vider sa troisième bouteille d’hélium. Au total, le ballon est composé de 7m 3 de ce gaz qui va lui permettre de s’élever dans les airs, en traînant deux nacelles. Dont une qui doit se détacher toute seule au bout de deux minutes.

Après de longues minutes de stress, les élèves de Marmier s’apprêtent à libérer le ballon. La concrétisation d’une année de travail va pouvoir s’envoler. Pierre-Marie Laloy, enseignant de sciences de l’ingénieur débute le compte à rebours : « 10, 9, 8, 7… »

Le ciel est sombre, chargé de nuages, la tension est palpable et le vent s’est invité. « 2, 1, c’est parti. » Le ballon et sa traînée de nacelles s’élèvent au-dessus de l’établissement.

« Qu’importe les conditions météos, on a réservé ce créneau horaire depuis 5 semaines. L’aéroport de Bâle-Mulhouse est prévenu. Le Ballon devait absolument décoller », explique David Geoffroy du CNES.

Le vent le fait vite partir loin. Il s’approche de la barrière de nuages et la nacelle censée se décrocher au bout de 2 minutes est toujours là. « Ca craint ». Elle contient une caméra qui filme toute la scène.

Le ballon traverse une mer de nuages. On suit son évolution via les écrans des radioamateurs. Il est à 4.000m d’altitude et flirte avec la frontière suisse durant de longues minutes et monte encore. « Parfois, les vents en altitude sont à 100 ou 200 km/h. Ils peuvent le pousser très loin ».

Bonne nouvelle. Les jeunes lycéens partis sur le chemin du train, pour essayer d’entrevoir la nacelle largable. « Elle a été repérée dans les bois d’Arçon ». Quelques dizaines de minutes plus tard, ils mettent la main dessus. Mauvaise nouvelle, la caméra a bougé au moment du décollage. Elle a filmé l’intérieur de la nacelle…

Ianis MISCHI

Pour suivre le projet, de l’élaboration des nacelles aux données collectées, rendez-vous sur le site du projet SpatiaLXM : http://team-4c.pagesperso-orange.fr/spatialxm/index.htm


Un décollage à 14 h – Atterrissage à Obernau

Un décollage à 14 h. Une vertigineuse ascension, jusqu’à 21 km d’altitude et un atterrissage, en douceur, vers 16 h. Les restes du ballon et la nacelle fixe ont été signalés vers 16 h 30 à Obernau, près de Lucerne (Suisse). À 200 km du Haut-Doubs.

L’équipe de radioamateurs suivait le ballon en voiture, via les données GPS, a pu mettre la main dessus. Il était sur le toit d’un petit immeuble.

Pour des raisons indéterminées, la nacelle largable s’est détachée plus tard que prévue et le ballon (avec la nacelle fixe) n’a pas atteint 30 km d’altitude. « Il y a beaucoup de paramètres que l’on ne maîtrise pas. Chaque année, nous faisons une quinzaine de décollages de ce type dans la région. Certains ballons parcourent jusqu’à 400 km. D’autres atterrissent tout près du lieu de décollage », conclut David Geoffroy.

via Est Républicain

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