Des collégiens nancéiens ont envoyé leur ballon scientifique dans la stratosphère. Un projet de très grande envergure.

Le ballon est la partie émergée du projet qui a permis aussi la réalisation de satellites européens, ainsi que celle de fusées. Ph. P. MATHIS

[col-sect][column]Ils s’accrochent comme de beaux diables à la bâche. Agressés par la pluie, bousculés par le vent, ils tiennent bon du haut de leurs 12 ans, de peur que leur rêve ne s’envole trop tôt. Mais leur impatience gonfle, en même temps que leur ballon… Sur la piste de l’Aéroclub de L’Est, au bout du plateau de Malzéville, s’apprête à décoller leur grand projet de l’année : le ballon stratosphérique. De quoi faire enfler l’imagination…

« Et moi, je vous dis qu’il ira jusqu’à 50 km ! », balance Arthur. Entendons par là 50 km.. d’altitude. « Sans doute pas 50 », le corrige sagement Julien. « Mais on espère bien 30. L’année dernière, ils n’ont pas dépassé 26. On espère mieux. » « Bien sûr qu’on fera mieux », s’agite Arthur. « Ce sera 50 ! »

La fougue d’Arthur tranche un peu avec la réserve de ses deux camarades, Paul et Julien, qui répondent aux questions avec une rigueur toute scientifique. « Je m’intéressais déjà à l’astronomie, mais là, ça m’a permis de voir vraiment plus loin », commente posément le jeune Paul, quand Julien évoque le nombre de problèmes qu’il fallut solutionner avant d’en arriver au décollage. Mais il s’enflamme, le petit Julien, à l’évocation de Saturne… « Ça, c’était vraiment un bon moment. » Ses yeux en sont restés étoilés…

Astro, le ballon, ne chuchotera pas aux étoiles, il snobera toutefois les nuages : 30 km d’altitude prévue, c’est déjà 20 km plus haut qu’un avion… Surtout, la somme des espoirs qu’il véhicule, et des connaissances nichées dans sa nacelle, a permis à 24 collégiens de prendre de la hauteur comme jamais. Volontaires pour une heure et demie de cours en plus chaque semaine, pilotés par une prof de maths, Mlle Abir Marina, qui a le don de faire s’élever les aspirations.[/column]
[column]C’est la 2e fois que cette enseignante du collège Saint-Sigisbert initie ce projet de grande envergure : la fabrication du ballon stratosphérique, mais aussi l’équipement en capteurs divers, qui permettent aux jeunes aspirants scientifiques de pratiquer des relevés tout au long du vol. Pendant les 3 heures que doit durer l’odyssée de l’aéronef, seront notés aussi bien le taux d’humidité que l’altitude, la température, la luminosité, etc. En outre 3 caméras embarquées permettent de filmer le paysage qui se déroule sous la nacelle, « et de capter la rotondité de la Terre ».

« Pédagogiquement, les acquis sont énormes », assure le professeur. « En physique, on est allé puiser des connaissances jusque dans le programme de 1re S. Surtout, la démarche expérimentale a été la source de nombreux acquis. Dans leur labo, en amont, ils ont dû reproduire les conditions stratosphériques par exemple ! »

Cette opération a bénéficié de la collaboration du CNES, Centre national d’études spatiales, et du soutien technique et financier de l’association Planètes-Sciences. En outre, grâce à la collaboration de radioamateurs de Franche-Comté, un GPS complète le dispositif, qui permet de suivre au plus près l’itinéraire aléatoire du ballon, et d’aller le récupérer sur place. Au bout de 3 heures en effet, sous la pression, il aura quintuplé de volume, atteignant 10 m de diamètre… jusqu’à éclater. Alors, un parachute lui permit d’atterrir en douceur. À 15 h 10, il chutait dans les vignes de Manheim, en Allemagne. Les relevés déclarent qu’il a atteint l’altitude de… 19 km. La faute à la pluie qui a gorgé le parachute et alourdi la structure. Qu’Arthur ne soit pas trop déçu, il faut toujours rêver plus haut qu’on a l’imagination…

Lysiane GANOUSSE
via Est Républicain[/column][/col-sect]

Voir également : ballon-de-nancy-reportage-photos