Dernières vérifications par les étudiants avant le décollage.

Ils sont réputés avoir les pieds sur terre. Pourtant, les élèves de la classe préparatoire scientifique de l’institution Sainte-Marie ont eu cette envie folle de créer un ballon stratosphérique.

Au centre du stade, Stéphane Ramstein gonfle un ballon de baudruche et le laisse prendre son envol. Éclair de génie du scientifique, vice-président de Planète Sciences Nord – Pas-de-Calais ? « Non, on cherche juste à connaître le sens du vent. » Autour de lui, les visages des étudiants sont tendus. La pression monte. 14 h 15, dernières vérifications avant le lancement du ballon stratosphérique : un prototype conçu par les élèves de la classe préparatoire de physique, chimie, sciences de l’ingénieur, aidés par leur professeur, David Delbarre.« On attend l’autorisation de l’aviation civile. Pour l’aviation militaire, c’est bon. Mais on n’arrive pas à joindre Lesquin », s’impatiente l’enseignant tandis que les élèves commencent à investir le stade pour vivre en direct l’événement.

Calculs de trajectoire
14 h 30, le décollage est retardé. « On n’a toujours pas l’autorisation », pestent certains élèves. En attendant, l’aumônier bénit la création. Gaëtan retient fermement le ballon et prie pour que ses calculs de trajectoire soient exacts : « La partie détachable devrait tomber dans un champ à Fournes, le ballon devrait exploser à 30 kilomètres d’altitude lorsqu’il aura atteint un volume de 100 m³ et on devrait récupérer la nacelle à Saint-Pol-sur-Ternoise. » Faiza et Sébastien ne quittent pas la sonde des yeux. « On est sûrs de rien, mais ça devrait fonctionner. » L’autorisation vient de tomber, les étudiants n’espèrent pas le même sort pour leur sonde. Ils libèrent le ballon gonflé d’hélium qui s’envole, emportant avec lui un parachute, un réflecteur, une nacelle et des pièces détachables. « Attention, une partie de la sonde doit se détacher au bout de deux minutes », annonce-t-on au haut-parleur. Mission accomplie.
Charge maintenant aux étudiants de récupérer le dispositif, à la limite de Fournes. D’autres élèves, postés près de Saint-Pol-sur-Ternoise devraient récupérer la nacelle grâce à un système GPS incorporé. « Six capteurs ont été placés dans ce ballon. Ils permettent d’enregistrer différentes mesures, la pression atmosphérique, la température, l’humidité… », explique Stéphane Ramstein.
Depuis la fin de l’année, les élèves planchent deux heures chaque semaine sur ce projet monté en partenariat avec Planète Sciences et financé en partie par le Centre national d’études spatiales (CNES).
Gaëtan, Thomas, Faiza et les autres se sont rendus compte qu’il n’était pas si simple de passer de la théorie à la pratique. Gaëtan s’interroge : « J’espère que personne n’a oublié d’allumer le circuit des piles. » Il n’avait pas imaginé qu’on ne retrouve pas le ballon trois heures plus tard : « Le GPS ne répond pas. On sait où a eu lieu l’impact mais on ne trouve pas le ballon », confie le professeur. « L’année dernière, à Lille, le ballon nous avait été rapporté trois semaines plus tard. Toutes les mesures ont été prises. Il ne reste qu’à prier pour que quelqu’un retrouve notre sonde avec ses trois caméras. »
via Nord-Eclair

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