Les 1 re STL de l’établissement ont construit la nacelle d’un ballon, un travail collectif et passionnant.

EUX se moquaient de la pluie qui met tout le monde de mauvaise humeur, les élèves de 1 re STL ne redoutaient que le vent qui aurait pu empêcher l’envol du ballon et de la nacelle qu’ils préparent depuis le début de l’année. Mais les vents furent discret.

Dans la cour de l’internat, c’est le moment du gonflage. David Jouffroy est venu du Pavillon des sciences de Montbéliard. Tout au long de l’année, le projet est placé sous l’égide du Centre national d’études spatiales et aujourd’hui il dirige les opérations. Une demi-heure de patience, les élèves de 1 re STL s’approchent pour le retenir. Il faut fermer la nacelle ultralégère avec du scotch. Dans la classe chacun à son rôle. Younès mitraille tout le monde, les photos feront l’objet d’une expo au CDI, du moins il l’espère. Les enfants de CM2 de l’école Fontaine-Ecu sont un peu en retard, des jeunes s’inquiètent pour eux, ils les ont associés au projet depuis plusieurs semaines, il ne faudrait pas qu’ils manquent l’envol…

Mais non, tout est bien qui finit bien. Compte à rebours, applaudissements du public, le ballon s’envole doucement. Il est parti pour deux heures de vol et devrait monter à 35 ou 40 km de haut. Des radioamateurs de Besançon assurent le suivi du GPS et devraient récupérer la nacelle du côté d’Auxonne, en Bourgogne. Sur le toit du lycée, à l’observatoire, une équipe travaille sur les mesures enregistrées en direct.

Le projet s’inscrit dans la toute nouvelle filière STL qui propose une approche pédagogique et concrète des démarches scientifiques. « Le premier intérêt c’est de faire travailler les élèves collectivement », note Philippe Leichtnam, professeur de sciences physiques. Et les profs aussi, puisqu’avec lui, Vincent Cassabois, Yannick Lefier et Emilie Spony ont guidé les élèves dans cette aventure plutôt sympa. Collectif certes mais aussi responsabilités individuelles, chaque élève a eu une tâche particulière. Olivier, Martin et Lucas se sont occupés des capteurs destinés à mesurer la pression atmosphérique et les UV. « Nous les avons étalonnés, soudés et installés en respectant un cahier des charges. L’ensemble ne devait pas dépasser 2,5 kg. » D’autres capteurs renseigneront sur la température, spectre du soleil, et deux appareils photos ont été programmés par les élèves pour se déclencher d’abord toutes les 10 secondes, puis toutes les 15 minutes. Autant de données à analyser dans les cours à venir. Les enfants de CM2, eux, ont mis des graines dans la nacelle, ils verront si les UV et l’altitude influencent la germination.

Younès se réjouit de l’expérience : « En plus on n’a pas eu cours aujourd’hui, non je plaisante, c’était une super organisation, c’était bien de travailler tous dans le même but. » Effectivement le vent d’enthousiasme autour du projet, ça fait aussi une bonne ambiance de classe.

Catherine CHAILLET
via Est Républicain du 23 mai