Dans le secteur, Jean Comte et Éric Fourreaux sont les deux seuls pratiquants du radioamateurisme. Passionnés par ce mode de communication particulier, « F0GII » et « F4DHO » espèrent faire des émules.

Éric et Jean sont les seuls pratiquants du Vouzinois.

IlS ont commencé au même âge, vers 18 ans. Jean Comte, aujourd’hui 67 ans, en jouant avec un poste radio en bois et Éric Fourreaux, 47 printemps, en voulant bricoler une antenne FM pour écouter la radio correctement.
« On a pu tomber sur une dame qui contactait son mari en pleine mer, ou un gars qui démâtait au large du Brésil, la nuit, parce qu’il venait de percuter un chalutier… » se souvient le duo.
Trafic aérien, agences de presse, signaux de satellites météo ou échanges de radioamateurs, les ondes ont recelé et recèlent encore bien des secrets. « Avant, on avait la gendarmerie, mais les fréquences militaires sont numérisées aujourd’hui. »
Difficile pour eux d’expliquer pourquoi ils se sont lancés à fond dans le radioamateurisme, mais on comprend que la curiosité, et le côté magique d’entendre quelqu’un à 500 mètres comme à 20 000 kilomètres y sont pour quelque chose.
Pendant de longues années, Jean, qui vit à Vouziers, s’est contenté d’écouter les ondes. Puis F0GII (son indicatif, à lire en code alpha) a localisé F4DHO.
« Il m’est tombé dessus, confirme Éric Fourreaux, chaudronnier vivant à Savigny-sur-Aisne. Mais je savais qu’il existait, j’avais reconnu les antennes sur son toit. »
Les antennes, c’est son truc, à Éric : il en construit qui atteignent 16 mètres, notamment pour les emmener lors de « contests », ces concours où chacun doit localiser le plus de contacts, ou la personne la plus lointaine, pendant 24 heures.
Jean, lui, préfère fabriquer des postes ; ils rejoignent l’impressionnante collection qui meuble son antre. « Tout ne me sert pas » précise-t-il. À l’heure actuelle, on peut en effet faire du radioamateurisme avec l’équivalent en taille d’un autoradio.

Ils proposent une initiation
Sa rencontre avec Éric a poussé le retraité à passer la licence permettant d’émettre.
À présent, il honore des rendez-vous quotidiens à neuf heures avec des habitués d’autres contrées.
Chacun donne les relevés météo ou atmosphériques dont il dispose. On parle aussi technique et informatique. Aujourd’hui, Éric Fourreaux aimerait bien pouvoir transmettre sa passion à d’autres. « Toute personne intéressée est la bienvenue pour voir mon matériel et être initiée ». Il ajoute que s’équiper ne demande pas un investissement démesuré. Les Ardennes ne comptent qu’une cinquantaine de pratiquants, à l’heure de l’explosion d’autres technologies. « Mais en cas de catastrophe, comme le tsunami, quand toutes les communications au sol ont été coupées, c’est le dernier moyen possible. Ce n’est pas pour rien que l’armée apprend encore à s’en servir. »
Les radioamateurs peuvent d’ailleurs être réquisitionnés si nécessaire et former de véritables chaînes de solidarité.
Jacques BERTHION
via lunion.presse.fr