Avec l’envoi du ballon stratosphérique, le projet Pixciel du lycée Aragon devient une réalité. La phase d’exploitation des résultats peut commencer.

Le ballon s'est envolé droit vers le ciel, évitant ainsi les arbres de la cour du lycée Aragon. Photo Nicole Leclerc

Le stress était palpable dans la cour du lycée Aragon vendredi à 13 h 30 lorsque les élèves de seconde option sciences et laboratoire, accompagnés d’Alain Froidurot, enseignant de physique, et de David Geoffroy du pavillon des Sciences de Montbéliard agréé par le Centre national des études spatiales (Cnes), ont préparé le lancement de leur ballon stratosphérique.

Le professeur précise que les élèves travaillent sur ce projet depuis le début de l’année. Ils ont été scindés en huit groupes pour étudier chacun un point particulier de l’expérience. Le ballon devrait exploser à une trentaine de kilomètres d’altitude. D’après les calculs des vents la nacelle munie d’un parachute pourrait atterrir vers Mulhouse. Grâce aux capteurs, trois radioamateurs bénévoles vont suivre la progression et récupérer le matériel dès qu’il sera posé.

« Environ 2000 photos seront prises par trois appareils photos inclus dans cette nacelle, précise l’enseignant. Le premier est tourné vers le sol, le second vers le ballon et le troisième nous permettra d’obtenir de belles photos horizontales avec, si le temps est dégagé des vues sur la chaîne alpine ».

L’un des élèves, Alexis, se dit impatient mais tranquille : « C’est un exercice concret pour découvrir l’électricité et la physique. J’envisageais en entrant au lycée de m’orienter en S et cette expérience confirme ce choix ».

Fin du voyage à la frontière allemande
David Geoffroy indique que le coût de l’expérience de 2000 € est pris en charge par le Cnes : « Cette somme correspond principalement à l’assurance nécessaire. Nous avons toutes les autorisations légales pour envoyer ce ballon mais nous ne sommes pas à l’abri d’un souci ».

Après la phase de gonflage, le matériel s’est élevé rapidement dans le ciel sous les applaudissements.

Dès l’envol du ballon, élèves et accompagnateurs sont allés dans la salle de classe pour suivre par ordinateur les coordonnées GPS envoyées. Un peu avant 17 h, après avoir atteint l’altitude prévue de 30 km, la nacelle touchait terre. Les radioamateurs la récupéraient à 80 km d’Héricourt, à proximité de Fischingen à la frontière allemande, soit à une vingtaine de kilomètres au sud-est des prévisions.

De retour au lycée, les premières études pouvaient commencer et les déceptions apparaissaient pour l’équipe. Sur les trois appareils photos, celui orienté vers le sol n’a pas fonctionné correctement. Le problème n’est pas encore diagnostiqué. Un autre a cessé de fonctionner un peu avant l’éclatement, sûrement à cause des conditions extrêmes rencontrées. Sur les photos on ne voit qu’une mer de nuages, avec parfois les Alpes bernoises qui émergent. Le volume du ballon est passé de 5m 3 à environ 500m 3 à l’éclatement et pourra être parfaitement étudié. « Nous sommes un peu déçus de ne pouvoir exploiter qu’une partie de nos expériences » relate Alain Froidurot.

le 08/04/2012 à 05:01 par Nicole Leclerc

via Le Pays