Ejection! Éjection!» L’équipage d’un hélicoptère Puma a pensé entendre ce message hier vers 14h30 à son décollage de l’aéroport de Niort. Peu de temps après, la tour de contrôle de la base aérienne de Cognac captait une balise de détresse. Une patrouille de chasseurs entendait sur sa radio le même message qui semblait venir du nord d’Angoulême. Tout concordait pour laisser craindre le crash d’un avion de chasse.
Du coup, la Haute autorité de défense aérienne (Hada) a déployé les gros moyens en Charente, Charente-Maritime et Deux-Sèvres, déclenchant un plan Sater (sauvetage aéro-terrestre) ayant pour objectif la recherche terrestre et la localisation précise d’aéronefs civils ou militaires en détresse. Des cellules de crise ont été activées dans les trois départements, les pompiers et les militaires placés en alerte quelques heures. Deux hélicoptères Puma (Photo archives Phil Messelet) de la Sécurité civile de La Rochelle et un autre de la base aérienne de Cazaux (Gironde) ont survolé le nord d’Angoulême où ils ont continué à capter la fréquence de la balise.

Vers 16 heures, le Centre de coordination de sauvetage de Mont-de-Marsan, qui pilotait les opérations, avait écarté l’hypothèse du crash d’un avion de chasse. «Il n’y a aucun avion manquant, tous étant rentrés à leur base, confie une source miliaire sur le gril tout l’après-midi, qui ajoute: On a entendu tout et n’importe quoi, notamment que c’était un avion de chasse espagnol. Certains ont même affirmé avoir localisé le lieu du crash.» Comme le prévoit le plan Sater, plusieurs équipes de l’Association départementale des radioamateurs au service de la Sécurité civile (Adrasec) ont été déployées sur la zone concernée.

Si elles ont rapidement déterminé qu’il ne s’agissait pas de la balise d’un avion, elles ne savaient pas quelle était la source et pourquoi elle émettait sur la fréquence d’auto-information militaire. «La seule chose qu’on sait c’est que ça parlait anglais. Il peut s’agir d’une erreur ou d’une fréquence pirate», confiait hier soir l’un des radioamateurs présents sur le terrain. Les recherches ont cessé à 20h30 et reprendront ce matin.

via charentelibre.fr