Ondes . La baisse constante du budget de l’Epra, un fonds public favorisant l’intégration, met en péril l’économie de 171 stations.
Par Hervé Marchon (Libération)

Les radios associatives sont inquiètes. Et la réunion d’hier matin (ndlr: jeudi dernier) au ministère de la Ville ne les a pas rassurées. Elle a confirmé que l’Epra, l’agence de presse sonore qui leur achète reportages, émissions, entretiens et documentaires, meurt à petit feu : le budget 2012 de cette structure publique baisse. Encore. De 850 000 euros en 2011, il est passé à 570 000 euros cette année. En 2010, il s’élevait à 1,1 million d’euros. Les 171 radios associatives adhérentes de cette agence crient à la casse d’un outil unique au monde et s’indignent de l’indifférence de l’Etat.

«Du courage». Via l’Epra, un reportage enregistré à Rennes par Univers FM peut être diffusé à Bordeaux par Clé des ondes, à Paris par Radio Aligre, ou à Remiremont par Radio Gué Mozot. Amour dans les cités, enseignement de la colonisation à l’école, mémoires d’un ouvrier saisonnier… En traitant ce genre de sujet, les radios associatives remplissent une mission de service public que leur a confiée l’Etat : produire des émissions visant l’intégration des travailleurs immigrés en France. «Nous parlons de la banlieue quand elle va bien», dit un producteur. Une mission «essentielle», aujourd’hui remise en cause.

La crise, latente d’abord, a éclaté en janvier….
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