Le ballon école, parti samedi de Montmorot (39), est resté dans son arbre, à plus de 20 m du sol, à proximité de Samoens (74). En effet, nous ne sommes pas arrivés à le décrocher.

David fait les dernières vérifications

Revenons au début de la journée de samedi. Vers 10h00, Jean Claude, Théo et moi arrivons au lycée agricole de Montmorot. C’est la journée des portes ouvertes, il y a beaucoup de monde. Contact avec David, l’aéro-technicien, avec Arnaud, l’enseignant, et une partie de l’équipe du projet ballon.

De notre coté, les 2h00 passent vite car il faut implanter le module GPS dans la nacelle, réinstaller les logiciels sur les nouveaux PC et faire les tests de réception de la télémétrie et de l’APRS. 12h30 : tout fonctionne !

Vers 13h45, le gonflage du ballon débute et à 14h15, il s’envole, suivi par un parachute, un réflecteur radar, la nacelle principale (qui contient les capteurs habituels : pression, températures et humidité ainsi qu’un appareil photo numérique) et de nouveau un parachute, un réflecteur radar et une petite nacelle. Cette 2ième chaine de vol doit être larguée quelques minutes après le décollage.

Nous prenons la direction du point de chute présumé, c’est-à-dire l’ouest de Genève. Nous sommes à l’écoute des commentaires et des reports sur 145.775 MHz et, à partir du col de la faucille, nous passons sur 145.725 MHz. Lorsque le ballon dépasse les 25.000 m d’altitude, il rencontre des jets et il se prend pour un bolide, frôlant, juste avant son éclatement, les 200 km/h ! Ce n’était pas prévu dans les prévisions ! Nous sommes à Gex lorsque le ballon éclate, vers 30 000 m d’altitude. Entre temps, F6AIU nous a donné une nouvelle prévision ré-actualisée (vers Sallanches, 74).

F5HLQ à la prévision

Juste après l’éclatement, et comme d’habitude, JC et moi sortons les outils pour faire la règle des 1/3 ; 2/3 : sur la carte ouverte sur le capot de la Clio, à l’aide d’une règle, on trace un trait partant du point de lâcher du ballon, qui passe par le point d’éclatement et on reporte la moitié de la distance effectuée de l’autre coté. Ca nous donne une chute possible vers Martigny, en Suisse ! Le plus rapide est de passer au nord du lac Léman, via Lausanne et Montreux.

Cette stratégie s’avérera désastreuse car, à la descente, le ballon ne profitera pas de ces vents forts puisque le parachute ne fait effet que vers 15.000 m. Il ne partira donc que très peu vers l’est et restera dans le 74. Nous sommes vers Lausanne lorsque nous nous apercevons de ce fait, il est trop tard pour faire demi tour. Le ballon se posera vers 16h15, vers Samoens (74). Nous arrivons sur place 3h00 plus tard , à 19h15 …

Les trames APRS du ballon au sol seront à nouveau décodées lorsque nous arrivons à 9kms du ballon : OUF, il se trouve à 950 m d’altitude. Lorsqu’on voit les montagnes autour de Samoens (http://g.co/maps/p7m8a ), finalement on se dit que cela aurait pu être pire et que le ballon aurait pu tomber sur des sommets enneigés. Il se situe à moins d’une centaine de mètres de la route, mais dans un arbre à plus de 20m de haut. Jean Claude tente plusieurs ascensions, mais les arbres aux alentours sont soit trop gros, soit trop petits et malgré les 8 m de canne à pèche, on n’arrivera pas à agripper la nacelle.

Elle est restée sur place et nous sommes en discussion avec des élagueurs locaux.

Merci à F6AIU, F4FUS, F1IMO, F0FNC, F0FYF, et j’en oublie certainement, pour les reports et infos via le réseau VHF, ainsi qu’aux Oms qui ont passés quelques reports via les listes de diffusion.

73 QRO.Stéphane