Après quatre tentatives avortées, Michel Fournier est toujours fin prêt pour sauter depuis la stratosphère.

Michel Fournier, l'homme du Grand Saut, à côté de son modèle réduit. © © Grégory Lenormand/DDPI

Le record de Félix Baumgartner (36 000 mètres) n’est pas encore établi qu’un autre spécialiste du saut en chute libre a déjà prévu de le pulvériser. [col-sect][column]Cet homme, c’est Michel Fournier, qui, dans cette quête du toujours plus haut, a mis la barre à 40 000 mètres. « Je vais le battre », clame-t-il, comme s’il s’apprêtait à prendre le départ d’un marathon. « Très attentif » à l’exploit de l’Autrichien, il « regrette l’absence d’images du saut », histoire de tenir en haleine le public. On pensait qu’il aurait eu un petit pincement au coeur en voyant Félix plonger vers la terre, depuis sa capsule. Chou blanc. « Je lui souhaite sincèrement de réussir mais nous sommes des sportifs, dit-il sur un air canaille. Avant d’ajouter, non sans une pointe d’ironie : il n’ira pas au-dessus de 36 000-37 000 mètres, sa nacelle est trop lourde. »

Hermès tombe à l’eau
Michel Fournier n’est pas né de la dernière couvée pour oser s’attaquer à pareil exploit. Cela fait plus de vingt ans qu’il s’y prépare. Sportif de haut niveau et parachutiste retraité de l’armée, il totalise plus de 8 700 sauts, dont plus d’une centaine autour de 8 000 mètres. En 1988, il est sélectionné par le ministère de la Défense pour un saut à 38 000 mètres (le projet S38), dont l’objet visait à améliorer la sécurité des astronautes. Un test est réalisé avec succès avec un mannequin. Mais l’intérêt de l’expérience perd tout son sens avec l’abandon du projet de navette spatiale Hermès. [/column]
[column]Pas pour Michel Fournier, qui reprend son idée et s’entête à la concrétiser, après son départ de l’armée. Il vend tous ses biens personnels et s’endette pour financer les équipements nécessaires à la réalisation de son projet, qu’il baptise « Grand Saut ». En 2000, il est prêt, mais les autorités françaises refusent l’autorisation de sauter au-dessus du sud de la France. Il choisit alors comme point de chute les prairies du Saskatchewan, dans l’ouest du Canada. En 2002, les conditions météo mauvaises empêchent le saut. En 2003, la toile du ballon stratosphérique se déchire peu avant le départ. En 2008, le ballon s’envole tout seul après le déclenchement du coupe-câble qui le relie à la nacelle. Enfin, en 2010, nouvelle tuile, le ballon maudit qu’on lui a vendu, « même pas digne d’une mongolfière », est défectueux.

La risée des forums
Ridiculisé par cette succession de déboires, le sexagénaire devient la risée des forums…

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