Le ballon a été récupéré, les « chasseurs français » (F1SRX, F5HLQ, F5ZV), comme on nous appelle à Payerne, ont rempli leur contrat en collaboration avec le chasseur suisse (HB3YWU).
Cela aurait pu être très pire mais on s’en est bien tiré.
Retour au début.

13h30 nous arrivons à Payerne chez Météo-Suisse. Il y beaucoup d’OM du Radioclub de Fribourg qui avaient assisté à mon exposé au printemps 2011 sur la chasse aux RS, une station de réception ATV est en place, le ballon est gonflé, l’attelage est sur un support métallique prévu pour. Une belle organisation. Ambiance très sympa, pas d’excitation inutile puisque tout est prêt, les Suisses ne sont pas réputés pour être des excités.

Une expérience qui m’intéresse au plus haut point : la mesure de la température de l’hélium au coeur du ballon.

Nous prenons connaissance des dernières prévisions établies par Météo-Suisse (qui ne se révéleront pas meilleures que les nôtres…), la nacelle devrait retomber à côté de Bulle, petite ville bien placée tout près des montagnes très enneigées, la marge de manoeuvre est faible.

Avant le lâcher. Sur la barre on voit à gauche la nacelle réalisée par les jeunes et à droite deux boîtiers accolés ; l'un contient une caméra HD et la balise 144.650 et l'autre est une C34.

14h00 le ballon est lâché, transmissions parfaites. Nous avons trois moyens de le suivre :
– la C34 décodable avec SM
– l’APRS retransmis sur aprs.fi
– une microbalise 144.650 qui transmet en CW

Il est temps de rejoindre le point de chute prévu situé à une demi-heure nous nous retrouvons tous près de bulle, sur un endroit bien dégagé avec un panorama 5 étoiles sous les yeux. Le ballon monte plus lentement que prévu. Soudain la C34 se met à déconner, elle dérive de quelques kilohertz, la modulation est bizarre, le décodage s’arrête.

Il nous reste l’APRS et la gonio pure. Nous décidons de nous disperser autour de la zone pour pouvoir au moins déterminer une zone à partir des relevés de pertes. Accompagné de Guillaume, un des jeunes qui ont conçu le projet, je me dirige vers Fribourg, au nord de la zone. Mike restera dans le coin et se payera le luxe de récupérer la C34 de 12Z…

31000m l’éclatement est proche. Nous nous arrêtons pour faire un relevé. APRS.fi nous montre que le ballon est au-dessus de nous. Le ciel est bien dégagé, il devrait être visible. Je lève les yeux ; il est là ! Un gros point brillant exactement à la verticale, les jumelles me permettent de distinguer une tache plus sombre sous le ballon : c’est le parachute. Je tends les jumelles à Guillaume, mon coéquipier en lui montrant le point blanc, couché dans l’herbe, il contemple avec avidité son ballon qui évolue à plus de 30km de lui. Pendant ce temps je filme et je photographie.

Soudain nous nous exclamons tous les deux : il a éclaté ! Guillaume me décrit le nuage de talc qu’il voit se disperser dans les jumelles et les débris d’enveloppe qui se dispersent. La nacelle qui retombe est parfaitement visible, le parachute et le reste de l’enveloppe également. Au bout de quelques instants, il perd le contact visuel. Il est temps pour nous de prendre le large. Nous poursuivons encore quelques kilomètres vers le nord avant de nous arrêter sur un point dégagé.

Nous sommes en contact avec Mike HB3YWU et Stéphane F1SRX la chute est rapide mais la dérive se poursuit vers le sud-est, en plain massif montagneux. Un habitant de la région nous renseigne, il sera difficile de pénétrer dans le massif, les routes sont coupées par la neige.

Le signal baisse et disparaît, la boussole indique 125° (en fait ce relevé de perte est erroné de 3 degrés). Le dernier point transmis par APRS est tout proche de Jaun (prononcer « iône »), l’équipe F1SRX-F5HLQ s’y dirige.


17h30 nous sommes tous réunis sur un petit parking dans la partie haute de Jaun, la position du ballon est à 1050m de nous, plein ouest mais aussi en pleine montagne.

Nous formons deux équipes, l’une va démarrer au plus tôt car la nuit approche, la seconde suivra. La progression est difficile, la pente est très raide et des plaques de neige mouillée et épaisse nous ralentissent. Les jeunes, mal équipés en chaussures, ont du mal. Le signal est faible et progresse par bonds, en fonction du relief. Après deux heure d’efforts nous sommes dans la zone, un petit bois de sapins. Il ne nous reste plus que la gonio et la recherche visuelle ; les deux combinés nous permettent de repérer une petite lumière rouge clignotante au sommet d’un sapin, la nacelle est là au-dessus de la cime.

Jean-Claude F5HLQ choisi un sapin tout proche et chausse les griffes, La montée est relativement facile, arrivé à 5m de hauteur, Jimmy lui tend la canne télescopique qui lui permet d’accrocher le parachute. L’attelage est toujours agrippé à la pointe du sapin mais pas pour longtemps : Jimmy, qui s’est saisi du parachute tire comme un bûcheron pour le forcer à descendre tandis que Jean-Claude essaye de le convaincre en tirant à l’aide de la canne. La partie est rude mais la mécanique cède, l’attelage se disloque et atteint le sol.

Il ne reste plus qu’à redescendre. en suivant les traces. Une heure plus tard nous sommes aux véhicules où la deuxième équipe nous attend.

73 à tous.
Roland F5ZV.

Voir notre article précédent sur ce lâcher.