Cet après-midi, André Darcheville sera médaillé par son vieux copain, Pierre Desprez. Le président national des Vieilles Tiges va lui épingler la médaille nationale de l’aéronautique.

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André Darcheville (F9CK) a deux passions: l'aviation et les télécommunications. Les deux étant finalement liées.


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[column]André Darcheville regarde le diaporama qu’il a réalisé pour sa remise de médaille tout à l’heure. Sur l’écran, défilent plus de soixante-dix ans de souvenirs aéronautiques. André Darcheville est né il y a 88 ans (un 28 février) dans la maison familiale de Maing où il habite encore. Jeune, il a fréquenté l’école Saint-Jean-Baptiste et le collège moderne. Ses études ont été « entrecoupées avec la guerre » mais il a décroché un diplôme d’ingénieur en électricité. Très vite, il a ouvert un magasin d’électroménager à côté de la maison de famille. Il a aussi monté une société d’électricité.
Passionné d’électronique, il aimait aussi écrire. Il est donc devenu journaliste scientifique pour Aviation magazine, Science et vie et même rédacteur en chef d’Electronic nouvelles. Il a aussi travaillé dix ans pour la troisième chaîne de télé, « je présentais le journal parlé du midi et je faisais des reportages avec une équipe de Lille ». [/column][/col-sect]
[col-sect][column]Dans les journaux spécialisés, il a parlé de sa passion : l’aviation. Son brevet de pilote, il l’a décroché en 1956. Jusqu’en 1983, date de sa retraite, André Darcheville a eu l’occasion de croiser du beau monde. Les photos qui passent sur l’écran témoignent de ces rencontres. En 1969, le Mangeois était à Houston au Texas pour le lancement de la mission Appollo 11. Il a réussi à décrocher une accréditation (qu’il a conservée) grâce à un reportage à Liège et à son autre passion pour la radio amateur (passion partagée avec le responsable communication de la Nasa). Il a ainsi séjourné une quinzaine de jours au Texas avec la possibilité d’aller partout où il le voulait. De cette expérience unique (il est le seul Français à avoir été présent au Kennedy space center), il est rentré avec « 80 kg de bagages ». Et des choses hors de prix comme les plans de vol, de la nourriture sous vide ou un stylo spécialement conçu pour fonctionner en apesanteur. André Darcheville a connu tous les astronautes d’Appollo mais aussi des Russes comme Youri Gagarine ou le général Léonov (le premier à être sorti dans l’espace). Il a eu la chance de voler en hélicoptère avec Valentina Terechkova, la première femme cosmonaute de l’histoire. Sur une photo projetée cet après-midi aux invités de la remise de médaille, on voit Youri Gagarine faire un signe de la main.[/column]
[column] Il est adressé au journaliste de Maing : « Il me connaissait bien. J’étais perché et il m’a reconnu. Il m’a salué. » Radioamateur (son autre passion), André Darcheville a eu l’occasion d’être en contact avec des astronautes, Gagarine mais aussi ceux de la station Mir (« Je communiquais avec eux tous les jours »), moins avec ceux de la station ISS. Aux États-Unis, il a rencontré un candidat à la Maison-Blanche, en 1964 : Barry Goldwater. « Il faisait comme moi partie de la grande famille des radioamateurs. Quand je suis allé chez lui, j’ai été en contact avec des soldats américains au Vietnam. Je transmettais de leurs nouvelles aux familles », se souvient-il. L’octogénaire, très occupé, n’a plus trop de temps pour « communiquer » mais il continue quand même d’écouter les satellites. Un passe-temps qu’il a transmis à son petit-fils âgé d’une trentaine d’années.
Jusqu’à présent, André Darcheville avait refusé toute médaille. Sauf celle des cinquante ans de brevet de pilote remise en 2008 par Pierre Desprez.
Finalement, là il a cédé. C’est l’occasion « de se rappeler des souvenirs et de voir que j’ai eu l’occasion de faire des tas de choses pour l’aéronautique.

PAR VÉRONIQUE BERTIN
vbertin@lavoixdunord.fr PHOTO « LA VOIX »
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