A Tours, une bande de passionnés se réunit chaque vendredi pour essayer de joindre les quatre coins du monde sur les bandes radio.

Ils peuvent passer des heures, à toute heure du jour et de la nuit, pour tenter de joindre les coins les plus reculés de la planète, là où les radioamateurs sont rares. - (Photo NR, Jean-François Bignon)

Bienvenue dans le monde des ondes et des voyages au très long cours, celui des radioamateurs. A Tours, chaque vendredi, ils sont une trentaine à se donner rendez-vous dans leurs locaux de la rue de Suède. Le but : entrer en contacts avec les autres radioamateurs de la planète. Le maximum.

En France, ils sont 16.000 radioamateurs, mais 6.000 paient une licence à l’Association nationale des fréquences radio.
Le matériel est basique et souvent de fabrication maison. « On est les seuls à être autorisés à fabriquer du matériel de communication », explique Gérard, ancien ingénieur dans l’énergie nucléaire et grand passionné de radio. « J’ai débuté chez les radioamateurs à 13 ans. Le matériel a beaucoup évolué. On peut faire plein de choses formidables. On peut même envoyer des satellites que l’on peut fabriquer nous-mêmes », explique-t-il.

Joindre les contacts les plus isolés

Sans en arriver là, le simple contact radio avec un atoll perdu est souvent source de grande satisfaction. Car les radioamateurs ont un but ultime : joindre, devant son poste, en faisant simplement tourner une mollette qui fait défiler les longueurs d’onde, le maximum de collègues sur la planète, et surtout les plus isolés. Souvent en vain.
« Par exemple, on n’arrive pas à joindre la Guinée équatoriale car il ne doit pas y avoir de radioamateurs. C’est difficile également de joindre l’Iran, la Nouvelle-Zélande. Les îles Salomon, c’est compliqué aussi. Mais quand le contact est établi, on nous renvoie alors une carte avec une étiquette et chaque personne contactée reçoit notre carte personnelle. Le but est d’avoir le maximum de cartes. » Les contacts sont gérés sur l’ordinateur du club et envoyés au Réseau des émetteurs de France, qui donne ensuite ses informations à travers un magazine national.
Bien entendu, impossible actuellement de joindre la Syrie. Si les contacts sont possibles avec la Chine, « ce sont des contacts pirates, avec l’ambassade de France, où on trouve des radioamateurs », poursuit Gérard.
En général, les contacts sont très rapides. On n’est pas là pour raconter sa vie. « D’ailleurs, il est interdit d’avoir des conversations personnelles, même avec sa famille. A part la redevance du club de 40 € par an, tout est gratuit », rappelle Gérard. L’État surveille tout ça et pas question de concurrencer les opérateurs téléphoniques.
Mais en cas de catastrophe, les radioamateurs sont les seuls à pouvoir communiquer par les ondes radios. Ils sont d’ailleurs reconnus d’utilité publique.

Contact : 06.13.55.69.83 ou 06.89.93.19.08.
via lanouvellerepublique