« Radio, ouvrez grand vos oreilles ! » débute aujourd’hui au musée des Arts et Métiers

Il était une fois un beau récepteur radio, au temps où le podcast n'existait pas… V. WARTNER/20 MINUTES

Quel est le point commun entre Supernana, Difool, Ménie Grégoire et Pierre Dac ? Ils ont tous fait vibrer les micros et leurs prouesses sont audibles dès mardi et jusqu’au 2 septembre au musée des Arts et Métiers. L’exposition « Radio, ouvrez grand vos oreilles ! » y réunit objets – récepteurs à lampes, transistors et autres vieilleries devenues cultes dans certains intérieurs cultivant le vintage – et extraits sonores. « Installer des postes dans des vitrines et inviter les visiteurs à les contempler aurait été un peu sec pour une expo radio, note Hervé Glevarec, commissaire de l’exposition. Il fallait les faire parler. » De multiples archives sonores sont donc disponibles. « Le challenge, c’était que les visiteurs les savourent sans rien faire d’autre. Contrairement aux habitudes d’écoute de la radio. » Pour ce faire, de petits salons confortables ont été aménagés. Ils accueillent donc Pierre Dac chantant sur les ondes de Radio Londres pendant la Seconde Guerre mondiale « Adolf, Adolf, les épinards sont cuits », ou Ménie Grégoire dont le programme né en 1967 était « destiné à offrir aux femmes un espace pour exprimer leur désir d’émancipation », et devenait ainsi selon Glevarec, le précurseur de l’interactivité.
De l’eau courante
L’expo suit un parcours chronologique. Années 1920, celles des « amateurs », années 1930 « qui inventent les principaux genres de radio », années 1940, celles de la « guerre des ondes », années 1960 qui voient la radio devenir le « média de la jeunesse », années 2000, celles de l’ère numérique. L’objectif de ce parcours détaillé est de rendre visible la radio. « Dans notre quotidien, elle est partout, aussi disponible que l’eau courante, mais du coup aussi invisible », s’amuse Glevarec.Une question achève l’expo : quel avenir ? « Le paysage actuel est issu des années 1980, poursuit Glevarec. Est-ce que les changements de normes et la radio numérique démocratiseront tout cela au profit de nouveaux acteurs ? »
Alice coffin

via 20minutes.fr