radioamateurs ? Vous n’en savez pas grand-chose ? Nous n’aurions pas pu vous en dire davantage jusqu’à ce que l’Association des radioamateurs du Burkina (ARBF) convie la presse pour présenter leur structure et les activités qu’ils entendent mener. C’était ce mardi 06 décembre à Ouagadougou au siège de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Cette conférence marquait le lancement officiel des activités de l’association.

« Les radioamateurs sont des hommes et des femmes qui pratiques sans intérêt pécuniaire, un loisir technique permettant d’établir des liaisons radios avec d’autres radioamateurs du monde entier » nous apprend Hugolin Poda, le président de l’ARBF. Au-delà, de ce loisir, ils peuvent être d’un apport considérable quand survient une catastrophe naturelle. Ainsi, les radioamateurs qui ont des profils divers peuvent fournir les premières informations d’un sinistre aux agences publiques (police, pompiers et ambulanciers, communication avec les hôpitaux. L’Indépendance de l’infrastructure le dévouement, la qualification technique, et la capacité d’improvisation sont autant de qualités qui peuvent contribuer à sauver des vies en situation d’urgence. Le tremblement de terre et le tsunami qui ont touché le nord-Est du japon le 11 mars 2011 ont révélé l’importance des radioamateurs.

Le président renchérit que « Les opérateurs radioamateurs ont été fortement impliqués dans le sauvetage des sinistrés. Malgré les coupures de courant et les problèmes de connexions, ils ont transmis des demandes de sauvetage et des informations sur la situation du désastre à l’aide de batterie de voiture ou de petits générateurs à moteur ». Toute chose qui lui fait dire que si les radioamateurs étaient développés au Burkina, les inondations du 1er septembre auraient fait moins de sinistrés. Indépendants des réseaux téléphoniques et des coupures d’électricité, les radioamateurs sont donc une alternative en situation de catastrophe.

Pour être radioamateur, il faut avoir de la passion, être déterminé, avoir de la volonté et bénéficier d’une formation conséquente. L’association est ouverte à toute personne peu importe le profil. En fonction de la capacité de l’équipement, un radioamateur à partir du Burkina peut établir un lien et communiquer avec d’autres radioamateurs à travers le monde. Le coût d’un équipement va de 150. 000 à des dizaines de millions de FCFA. En plus de l’équipement technique, il faut également avoir un certificat d’opérateur et une licence d’exploitation délivrée par l’ARCEP.

Reconnue officiellement depuis le 21 juin 2010, l’ARBF* pourra désormais bénéficier auprès de l’Union internationale des radioamateurs (l’instance supérieure du service amateur dans le monde) de dons en matériels techniques et de bourse de formation. Des formations au profit des élèves, étudiants de Ouagadougou ainsi que des journalistes sont entre autres activités que l’association compte menée dans les prochains jours. Le président de l’ARCEP, Mathurin Bako tout en reconnaissant l’importance des radioamateurs a dit la disponibilité de son service à les accompagner. On dénombre une trentaine de radioamateurs essentiellement dans la ville de Ouagadougou. M. Poda et ses membres comptent étendre leurs liaisons radio dans les autres parties du pays.

Tiga Cheick Sawadogo (stagiaire)
Ph. Bonaventure Paré

via Lefaso.net
*ARBF: Association des radioamateurs du Burkina Faso