Ce retraité domicilié à Linghem converse avec des radio-amateurs russes, australiens, coréens, américains, jordaniens, belges...

Jean-Claude Coquel, 72 ans, discute plusieurs fois par semaine avec les radio-amateurs du monde entier. Suivons-le dans son repère, rue de Rely, à Linghem. On descend quelques marches pour atteindre une cave aménagée. Ici sont empilés des appareils bardés d’électronique. Les murs sont tapissés de diplômes et de trophées : les fameuses cartes QSL (accusés de réception). Celui qui se fait appeler Foxtrot 6 Hôtel Mike Delta (F6HMD) est parfaitement armé pour chasser les radio-amateurs de tout poil. La preuve en direct.

L’oeil rivé sur un petit écran digital, Jean-Claude se balade sur la bande passante des 28 MHz en tournant un gros bouton. Ça grésille. Quelques secondes plus tard, une voix se fait entendre. Sans aucun doute, l’accent est russe. Jean-Claude griffone une série de lettres et de chiffres sur un bout de papier, oriente grâce à un autre bouton l’une de ses 7 antennes vers l’est afin de mieux capter le signal. « Je l’ai chopé », confie-t-il avec un léger sourire. Après un petit échange d’amabilités dans la langue de Shakespeare, nos deux radioamateurs s’échangent les informations qu’il consigneront dans leur carnet de trafic (fréquence, report de signal de propagation, prénom, code QSL, heure et date de la liaison).
Pas facile de suivre cette conversation faite d’alphabet international et de code Q ! Créé en 1912 pour accélérer les transmissions, ce fameux code se compose de séries de trois lettres. Chaque série correspond à une question ou une réponse. À titre d’exemple, QSL (Québec Sierra Lima) signifie « Pouvez-vous me donner accusé de réception ? » Cette passion, Jean-Claude la cultive depuis l’adolescence. « J’ai passé un CAP d’électronique en 1956. Dans le cadre de mes études à Arras, j’ai fabriqué mon premier émetteur. Plus tard, j’ai continué à faire de la radio. » Durant son service militaire, Jean-Claude se retrouve affecté comme opérateur radio sur les radars. Sa passion le poursuit jusque dans sa vie professionnelle puisqu’il est radio électricien.
Sa licence officielle, Jean-Claude l’a décrochée le 6 novembre 1981, après avoir passé un examen à Villeneuve d’Ascq.
Son diplôme en poche, le Linghémois n’a eu de cesse de multiplier les contacts. « Certains jours, ça passe mal. Hier, j’ai eu un Australien. Je me rapelle avoir eu une fois le roi Hussein de Jordanie. Son QSL était JY1. » Avec son copain Robert Delrue, au début des années 1980, il a mis en place un club radio amateur au sein de la MJEP d’Isbergues.
Mais être radio-amateur suppose aussi d’assumer une importante responsabilité. À tout moment, il peut être contacté par la préfecture lorsqu’une balise de détresse se déclenche. À plusieurs reprises, Jean-Claude a apporté son concours à la Sécurité civile, et pas que pour des exercices. « Une fois, un aviateur allemand s’était posé un peu brutalement sur la piste du Touquet. Sa balise s’était déclenchée. Une autre fois, c’était un enfant qui avait déclenché celle d’un bateau, du côté de Boulogne-sur-Mer. » L’un des rares moments où le matériel de Jean-Claude voit la lumière du jour…

via lavoixdunord.fr