Le Lycée des Haberges de Vesoul (70) lâchait jeudi dernier 10 novembre un ballon stratosphérique dont la mission particulière était (entre autres) d’obtenir encore plus d’images que les vols précédents et surtout oublier l’échec du dernier vol où les appareils photos n’avaient pas fonctionné.

C’est dire que la nébulosité était un critère déterminant pour ce vol. Les spécialistes météos du lycée suivaient de près l’évolution et les prévisions afin de déterminer l’heure à laquelle le ballon pourrait partir. Initialement prévu à 11H, le lâcher a été décalé car les brumes matinales n’étaient pas levées.
Petit à petit, on s’est acheminé vers un lâcher à 14H. Grand ciel bleu sur la Nice de l’Est, plus de brumes, les météoristes se frottent les mains, « on vous l’avait bien prédit » toute la région est dégagée maintenant.

Oui sauf qu’en se rendant vers la zone de chute prévue, F5HLQ et F6AIU ont rencontré une purée de pois à 20 kms seulement de Vesoul, un brouillard qui ne les a pas quitté de l’après-midi (ni de la soirée), avec une visibilité réduite à une dizaine de mètres par endroit.

14h10 le ballon est gonflé, mais on s’affaire encore autour de la nacelle où il reste encore à régler quelques détails, initialisé les appareils photos, etc.
C’est un peu la bousculade autour de la nacelle…
L’APRS installé et testé le matin à 10H était OK, mais lors de la mise en route juste avant le lâcher, pas de trames APRS! démontage, vérifications, RAS. Le GPS n’arrive pas à faire l’acquisition nécessaire des satellites, F6AIU déplace l’ensemble tracker et gps jusqu’à son véhicule, le connecte au Kiwi d’essai et constate que l’acquisition des satellites fonctionnent au bout de quelques minutes (ce qui est la normalité selon les modèles de platine gps utilisé). Pour celui en place c’est 3 à 4 minutes, un ensemble qui a précédemment fait tous les vols des lycées de Vesoul depuis plusieurs années.
L’ensemble est remis en place dans la nacelle mais la présence de nombreuses personnes autour de celle-ci empêche à l’antenne gps de voir les satellites, l’opentracker donne l’indication par sa led clignotante qu’il est en recherche de satellites et tout devrait rentrer dans l’ordre dès le décollage.

14H29 nous avons droit à un départ à l’anneau (une méthode qui permet à l’ensemble de quitter la terre en douceur). Le récepteur portable sur le terrain réceptionne le cri-cri de la télémétrie, mais au bout de quelques minutes, il faut se rendre à l’évidence l’APRS ne démarre pas.

Il faudra donc faire sans. Rapidement des appels sont lancés sur les listes des ballons sondes afin d’obtenir des relevés à distance lors de la descente.

La ballon a pu être suivi en gonio traditionnelle, mais une boussole a eue la malencontreuse idée de donner des positions inversées de 180° (évitez la Silva) , ce qui a faussé les décisions prises de monter plus au nord de la zone de Bourbonne-les-bains (52) vers le sud de Contrexéville (88) où chacun des 2 mobiles a ratissé le secteur espacé chacun d’une dizaine de kilomètres afin de quadriller des zones parallèles respectives en utilisant la moindre colline accessible (et trouvée dans une visibilité d’une dizaine de mètres).

De son côté F5HLQ crève en rejoignant une colline pour y faire son relevé de perte, le temps de remplacer sa roue et de rejoindre sa colline, le ballon n’est plus reçu.
A 17h09 le relevé de perte de F6AIU indique un azimut de 320° soit Bulgnéville ou au delà.
3 minutes plus tard, à 17h12 Mme Virot en charge du projet au lycée signale par téléphone qu’ils viennent de perdre la réception de la télémétrie, ce qui peut laisser supposer que le ballon est plus proche de Vesoul que de Contrexéville.
S’en tenant au relevé de perte au 320, la décision est prise de ratisser dans cette direction et de passer de l’autre côté de l’autoroute, où sur une colline à 500 mètres dominant la région (d’après la carte, toujours aucune visibilité) il a fallu se rendre à l’évidence, aucune trace de signal dans cette zone.

A 20H30 les recherches menées dans des conditions atmosphériques difficiles sont abandonnées par F5HLQ et F6AIU en retournant dans le 70 avec la même méthode que précédemment, chacun établissant des écoutes régulières sur les collines avec antenne directive, ainsi que pendant les déplacements avec l’antenne omni 137 Mhz des mobiles.
Le contact entre les deux mobiles a été fréquemment relayé par Daniel F6ACU (88) que nous remercions pour sa disponibilité, ainsi que les Oms ayant envoyé des relevés cohérents sur la liste radiosonde-monitoring et ballon-sonde-ecole, F4UGF (38) F5ZV (90) et F8BNN (57).

Le lendemain matin au réveil, stupéfaction la boussole de F6AIU indique le Sud en lieu et place du Nord, elle s’est inversée, ce qui nous a fait prendre la décision de monter plus vers le Nord alors qu’il fallait descendre au Sud de Bourbonne les Bains !

Si cette boussole n’avait pas décider de jouer ce bon tour (de plus, pas de soleil dans ce brouillard épais, sinon c’eût été évident), si F5HLQ n’avait pas crevé, si, si… (si ma grand-mère en avait..).

Comme vraisemblablement le Kiwi n’émettait plus ce lendemain et , la zone où se recoupe l’ensemble des relevés dans le bon sens ayant pu ce matin là être définie, mais chacun ayant d’autres impératifs le 11 novembre, seul F6AIU est retourné sur zone samedi matin 12 novembre sous une tempête de ciel bleu pour tenter la chance … d’apercevoir aux jumelles la nacelle et distribuer aux chasseurs rencontrés un avis de recherches avec photo de l’ensemble et le contact a appeler au cas où!
Après 4 heures de recherches, retour au bercail bredouille.

Croisons les doigts pour qu’un promeneur, chasseur, agriculteur ou autre fasse sonner prochainement le téléphone du lycée.