L’espace d’un matin, hier, le moulin de Vrines a été connecté avec la planète entière. Le résultat des efforts des radioamateurs thouarsais.

Vous et moi, on croirait regarder une banale antenne râteau pour la télé. Ce qu’elle fait au sommet d’une des ailes du moulin de Vrines, mystère. Tout comme ces câbles arrimés au sol qui se rejoignent sur une des trois autres ailes. A l’intérieur du bâtiment, une demi-douzaine de passionnés se serrent et parlent en langage plus ou moins codé avec des interlocuteurs que l’on ne voit pas. Ce sont les radioamateurs thouarsais, accompagnés de deux de leurs collègues du sud du département. Quant aux deux dispositifs qu’ils ont installés à l’extérieur du moulin, c’est ce qui leur permet d’émettre en VHF et en décamétrique. Autrement dit d’être connecté, grâce à la première technologie, à toute l’Europe, et via la seconde, au monde entier. Ou presque. « Ce matin, nous avons ainsi contacté des radioamateurs en Angleterre, en Italie, en Espagne, et, bien sûr, dans bon nombre de départements français », explique Gérard Morin, président du club thouarsais.

 » Ni politique ni religion  »
Qu’échangent-ils entre eux ? Notamment leur position géographique, leur altitude… « Mais on ne parle ni politique, ni religion. C’est interdit. » Le contrevenant y perdrait sa licence (pas facile à obtenir) qui l’autorise à participer à cette conversation mondiale. Pas question non plus de donner des informations privées ou concernant un tiers.
« Pour être radioamateur, il est utile de parler plusieurs langues, conclut Gérard Morin. Et d’avoir des compétences en électronique. Plusieurs de ceux que l’on a formés au club de Thouars (1) ont ensuite trouvé des boulots de techniciens. » Les radioamateurs peuvent en outre être très précieux. Si un petit avion de tourisme venait à s’écraser dans les environs, ils pourraient, par triangulation, déterminer le lieu du crash.

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via lanouvellerepublique.fr