Le Salon national des radioamateurs a drainé hier, au parc des expos de Tours, des dizaines de passionnés venus de la France entière.

A la brocante organisée sur le salon, tous les radioamateurs ont pu trouver leur bonheur. - (Photo NR, Patrice Deschamps)

Le radioamateurisme ? C’est un peu comme aller à la pêche. Parfois on prend un poisson, parfois on revient bredouille. En radio, on lance un signal à l’aide seulement d’un petit fil, et on peut parfois communiquer comme par magie avec quelqu’un qui est… en Nouvelle-Zélande ! »
A l’heure d’Internet, de Skype et du téléphone portable, c’est cette magie qui reste intacte pour tous les passionnés des ondes courtes. « La plupart des radioamateurs communiquent sur les bandes basses décamétriques », explique Jean-Paul Louis, alias F6BYJ. C’est son nom de radioamateur, un matricule unique au monde et attribué à vie, qui lui donne le droit officiel de communiquer par radio après un véritable examen de passage devant l’ANFR (Agence nationale des fréquences radios), car « il faut une vraie compétence technique et théorique ». Celui qui est aussi président national de REF-Union (Réseau des émetteurs français), une des principales associations de radioamateurs organisatrice de ce salon, communique aujourd’hui par satellite et utilise l’ordinateur.
Pour être radioamateur, il y a aussi des règles à respecter, comme ne pas parler politique ou religion. Y aurait-il donc de plus grandes oreilles chargées de la surveillance ? « Bien sûr qu’on est écoutés », reconnaît F6HEU. Lui, ancien photographe de presse, est venu de la région parisienne pour vendre à la brocante un lot impressionnant d’émetteurs, de récepteurs et de micros. Du matériel dont il espère se débarrasser pour aussitôt aller s’en racheter, sur place, du plus récent.
Serge, autrement dit F9PV, est le président départemental de REF-37, une des trois associations de radioamateurs d’Indre-et-Loire. Ils seraient 150 au total en Touraine. Cet ancien géomètre a attrapé le virus il y a 54 ans, fasciné lui aussi par ses premiers contacts à l’autre bout du monde.
Pour tous ces passionnés qui ne veulent pas passer pour des dinosaures, le radioamateurisme a encore de belles années devant lui. Rendez-vous est déjà pris pour le salon de l’an prochain à Tours.
Brigitte Barnéoud
via la nouvelle république