A la barre du tribunal correctionnel de Melun, Serge, 59 ans, paraît bien mal à l’aise. Il faut dire que les faits qui lui sont reprochés ne sont guère glorieux. Lui, l’ancien président du Radio Club de Provins, est jugé pour avoir volé le matériel de sa propre association. Le 27 juin, Thierry, le nouveau président, constate avec effroi que le local de l’association a été fracturé et que les valises contenant les émetteurs-récepteurs mais aussi des amplificateurs, des ordinateurs portables, etc. ont disparu. Le préjudice est important. Il s’élève à 20000 €. Les cinquante-cinq adhérents de l’association restent sous le choc, d’autant qu’une expédition est prévue au Venezuela et que, sans matériel, impossible de transmettre ou d’établir des communications de liaison et donc de rendre service à la population. « Car notre association est reconnue d’utilité publique », souligne Thierry.

Le 9 juillet, le pot aux roses est découvert par le biais d’Internet. Un des membres de l’association s’aperçoit qu’une partie du matériel dérobé est en vente sur un site. Pascal, un acheteur domicilié dans la Sarthe, a d’ailleurs répondu à l’annonce et acheté pour 2000 € d’appareil. Thierry contacte alors Pascal et lui demande de lui décrire le vendeur qui s’est présenté à son domicile. Coup de théâtre. La description correspond trait pour trait à Serge, l’ancien président du club. Pour qu’il n’y ait aucun doute, Thierry prie Pascal de visionner le trombinoscope du Radio Club de Provins. Il reconnaît spontanément Serge sur les photos. Ce dernier est ensuite mis en examen pour vol et escroquerie.

Jeudi soir, à l’audience, il n’a pas donné d’explication précise. « Avec cette histoire, j’ai tout perdu et j’ai perdu mes amis », a-t-il bredouillé. C’est d’ailleurs sur ce point que Me Jean-Baptiste Loichot, l’avocat de la partie civile, a insisté : « Le Radio Club de Provins, c’est avant tout une famille. Il existe depuis trente ans. Et là, ce qui est ressenti par chacun des membres, c’est une trahison à caractère familial. » Même si l’ensemble du matériel a pu être récupéré, Thierry ne cache pas sa déception : « On ne saura jamais ce qui lui est passé par la tête. On attendait des réponses. » Lors de ses réquisitions, la substitut du procureur a requis trois mois de prison avec sursis. Au final, le tribunal a condamné Serge à une amende de 5000 € avec sursis, à une mise à l’épreuve pendant deux ans et à payer 1400 € au titre des dommages et intérêts.

via leparisien.fr Edition Abonnés – Seine-et-Marne Sud

Voir nos articles précédents sur ce sujet