Artiste peintre à l’origine, il a révolutionné la communication avec son télégraphe électrique et le célèbre code qui porte son nom.

« What hath God wrought » (« Ce que Dieu a forgé »). Le 24 mai 1844, le premier message télégraphique, envoyé depuis Washington, atteint la ville de Baltimore, située à 600 kilomètres plus au nord. Dans une salle du Capitole, un homme de cinquante-trois ans exulte. Après des mois de travail et des années passées à faire le siège de l’administration fédérale, mais aussi à sillonner l’Europe pour convaincre de l’intérêt de son projet, Samuel Morse a enfin gagné son pari. Le télégraphe électrique, « son » télégraphe, est devenu une réalité. Ces mots, tirés des Saintes Ecritures, c’est Annie Ellsworth, la fille du directeur de l’administration fédérale des brevets, qui les a choisis. Ils en disent long sur l’état d’esprit de l’inventeur. Ce jour-là, en effet, Samuel Morse a vraiment l’impression d’avoir accompli la volonté de Dieu…
Samuel Morse n’a pas inventé le télégraphe, dont le premier modèle opérationnel remonte à Claude Chappe. Pendant la Révolution française, celui-ci avait en effet mis au point un système de transmission optique par sémaphores permettant, grâce à des relais implantés tous les dix kilomètres environ, d’envoyer des messages beaucoup plus rapidement qu’avec le courrier à cheval. Il n’a pas non plus inventé le télégraphe électrique. L’idée était dans l’air depuis longtemps et plusieurs procédés fonctionnaient déjà, notamment en Angleterre depuis la fin des années 1830, et en France à la suite des travaux d’Ampère. Son grand mérite est cependant d’avoir inventé une machine simple, pratique, efficace et facile à utiliser, mais aussi un langage, le fameux code Morse, qui fit beaucoup pour le succès de son procédé. Implanté le long des voies ferrées, le télégraphe Morse joua ainsi un rôle majeur dans l’unification du territoire américain et fut adopté par de très nombreux pays étrangers.

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