Dans le domaine de l’électronique organique, les chercheurs de l’Institute of Materials Research and Engineering (IMRE/A*STAR [1]) et de l’Université du Michigan ont développé une diode électroluminescente organique (OLED [2] ) qui émet de la lumière fluorescente bleue avec un rendement quantique externe [3] de 9.4%.presque deux fois plus élevé que le rendement quantique externe théorique de 5%.

La réalisation d’OLEDs efficaces de couleur bleue est un point-clé dans le développement d’afficheurs organiques : les émetteurs organiques bleus correspondant aux coordonnées chromatiques nécessaires à la réalisation d’afficheurs RVB (Rouge Vert Bleu) sont bien moins efficaces que les émetteurs verts et rouges, ce qui limite la réalisation pratique de dispositifs de visualisation. Cette découverte scientifique permettra donc aux fabricants d’écrans couleur OLED de faire des dispositifs à plus longue durée de vie, à consommation électrique moins élevée et, plus important encore, des dispositifs qui émettront une lumière plus pure et lumineuse que les écrans LCD (Liquid Cristal Display) actuels grâce à la composante bleue des afficheurs RVB renforcée par ce nouveau type de matériau.

Encore au stade de prototype, cette technologie a besoin de mûrir. Des écrans OLED pour téléphones portable ont déjà vu le jour et commencent à être produit en masse comme l’écran pour portable transparent 2.4 pouces de LG en juin 2011 [4]. Seuls des écrans à taille réduite sont utilisables en masse et à prix élevés actuellement. On la retrouvera donc premièrement dans des autoradios, des baladeurs, des Smartphones ou des consoles de jeux portables (Sony NGP). Divers groupes industriels tels que Sony et Samsung travaillent aussi activement sur cette technologie pour l’appliquer à des écrans de télévision. [5] Sony est le pionnier dans la construction et la commercialisation d’écrans OLED. Il a sorti un premier téléviseur en 2007, Sony XEL-1 de 11 pouces [6], qui présentait un certain nombre de limites en termes de prix d’achat élevé et durée de vie par exemple.

Les résultats de ces travaux de recherche ont été publiés dans le journal Advanced Functional Materials en début d’année. Le procédé présenté a depuis été optimisé et des rendements encore meilleurs ont été observés. A présent, les chercheurs de l’IMRE cherchent à utiliser cette technologie afin de développer de nouveaux matériaux pour d’autres applications telles que les cellules solaires organiques.

[2] OLED = Organic Light Emitting Device. Le fonctionnement d’une OLED est assez simple : un film organique polymère est pris en sandwich entre deux autres films inorganiques métalliques jouant le rôle d’électrodes. Lorsqu’un courant est appliqué, le composé organique s’illumine.

[3] Le rendement quantique externe est le pourcentage de quantité d’électricité converti en lumière ou vice-versa. Plus le rendement est élevé, plus le système OLED sera efficace pour produire de la lumière visible.

via http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67316.htm