Depuis son local radio Jean-Pierre Boismartel alias 14IAA149 se connecte au monde des ondes.

Quand il n’est pas à réparer les chaussures, le cordonnier Jean-Pierre Boismartel file sur les ondes. Samedi, il sera à Fouesnant pour une grande concentration.

Loin, loin, très loin du monde virtuel et des réseaux sociaux, l’amateur radio appartient depuis 2004 au club d’Ugine India Alpha Alpha qui regroupe 200 membres en France et dans le monde.
Jean-Pierre, frappé par la mort accidentelle de son fils Cyrille il y a plusieurs années, prend peu à peu conscience de la passion de son enfant pour l’univers des ondes. « Avant le drame, j’ignorais totalement le fonctionnement, aujourd’hui c’est une passion débordante. Une drogue, » confie le radio-cordonnier.

Indicatif 14IAA149

Au sein de son local radio parviennent des voix chevrotantes à des milliers de kilomètres… ou des hauteurs de Melgven. Dans un méli-mélo de fils et de postes radio superposés, il vogue à l’écoute de ses potes. Ça frétille, gazouille sur les ondes, jusqu’au moment où le cordonnier bidouille de canal en canal, avant de prendre le micro et de s’annoncer. Car ce monde des ondes est fait de règles et de savoir-vivre.

« 14 India Alpha Alpha 149… 14 India Alpha Alpha 149 l’opérateur Jean-Pierre, la Bretagne, ville de Concarneau, à l’écoute… Bonjour ». Après quelques secondes de silence saupoudré de friture 73QRA s’annonce. C’est Serge… de Melgven.

Les petits Québécois muets

« Il y a des jours où c’est plat. Lorsqu’on met en route le matin on ne sait pas ce qu’on va avoir au bout de la ligne. On peut aussi être victime de soucis de propagation lorsque les ondes ne passent pas pour des raisons que l’on ignore. Il fut un temps où l’on entendait régulièrement les petits Québécois… Puis un jour silence radio, plus de son, » confie Jean-Pierre micro en main.

Les amateurs radio forment un réseau d’entraide étoffé. Avant l’arrivée du GPS, Jean-Pierre a connu le bon vieux temps du radio-guidage. Avec son pote malvoyant Jean-Yves, de Saint-Évarzec, combien de camions n’a-t-il pas remis dans le droit chemin ? « Oh là ! Dans les années 80-90, il nous est arrivé d’en faire une trentaine dans la journée. Le record a été établi un jour, oui je m’en souviens, 6 radioguidages en 30 minutes ! Ça, c’est du boulot. La voix qui te guide quand tu es perdu, voilà quelque chose qu’il est difficile de vivre aujourd’hui, » regrette-t-il.

via ouest-france.fr