Pape-Clément Des lycéens de seconde ont envoyé un ballon-sonde bourré de capteurs dans la stratosphère. Il est retombé en Lot-et-Garonne quelques heures plus tard.

La chaîne de vol parée au décollage. PHOTO W. D.

Des lycéens de Pape-Clément sont allés chatouiller la stratosphère jusqu’à une trentaine de kilomètres d’altitude au moyen d’un ballon-sonde. L’engin a été lancé mardi à 13 h 56, dans un ciel qui a eu le bon goût de se dégager pour révéler ses secrets : pression, température, couche d’ozone, rayonnement UV, poussière. Ces données étaient recueillies en temps réel sur un ordinateur.

« Ce n’est pas le genre d’expériences que l’on peut faire tous les jours », faisait observer Élise, élève de cette classe de seconde option enseignement d’exploration, méthodes et pratiques scientifiques. « Il faut des moyens. »

L’Association jeunes sciences espace passion (Ajsep) leur en donne en fournissant la logistique et toute la chaîne de vol : parachute, écho-radar, ballon gonflé à l’hélium (lire par ailleurs). L’Ajsep s’était aussi occupée des autorisations. Le passage de plusieurs gros-porteurs à basse altitude au-dessus du lycée a montré que le ballon devait traverser un couloir aérien assez fréquenté ce jour-là.

Pluridisciplinaire
« On nous avait donné une fenêtre de lancement », a précisé Abdelilah Berraho, professeur de physique et l’un des sept enseignants impliqués dans ce projet (1). « Il a permis d’associer quatre matières », s’est félicité le proviseur, Jean Faller. « C’est aussi une façon d’appliquer des connaissances théoriques. Par rapport aux cours, on a appris quelques notions supplémentaires en physique et en maths », estimait la jeune Andréa, qui envisage la filière S et voudrait faire médecine. « Cette option permet d’attirer des filles en sciences », ajoutait M. Berraho. Les élèves ont réalisé la nacelle avec tout son équipement de mesure. Ils ont ajouté un caméscope pour vérifier que la terre est ronde, on ne sait jamais ! Ils avaient aussi glissé un petit GPS. « Mais pas celui que vous avez dans votre voiture, précise M. Berraho. Juste un petit module électronique que l’on pourra exploiter, pour vérifier l’itinéraire et l’altitude si on récupère l’engin. »

Atterrissage en douceur
Ce n’était pas gagné d’avance. À haute altitude, le ballon gonfle comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, puis éclate. La nacelle retombe alors en douceur, car sa chute est freinée par un parachute.

Celui qui la trouve est prié de téléphoner à un numéro d’appel gratuit ou de rapporter l’objet volant identifié – les élèves l’ont baptisé « Lao » – à une gendarmerie. L’an dernier il était bien tombé… dans le jardin d’un gendarme. Cette année, après deux heures d’ascension et une vingtaine de minutes de descente, il a été découvert par un habitant de Ségalas, près de Marmande. Abdelilah Berraho s’en réjouit : « Récupérer leur nacelle motive les élèves pour travailler ensuite sur les données. »

Car l’expérience n’est pas terminée : « La semaine prochaine un technicien de Météo France viendra leur expliquer comment on peut utiliser les éléments récoltés pour prévoir le temps. »

Déjà, ils savent que là-haut, plus près du soleil, il ne fait pas bien chaud : – 50 degrés.

(1) Physique : Philippe Nadal et Abdelilah Berraho ; Sciences et vie de la terre : Laurence Orcival et François Maricourt ; Maths : Bernard Privat et Pierre Chappert ; Électronique : Claude Lagrange.

via sudouest.fr