Le 12 avril 1961 un événement sans précédent se produisait en Union Soviétique : un homme, Youri Gagarine, venait d’effectuer une révolution en orbite autour de la terre !

Il y a cinquante ans en pleine guerre froide , le 12 avril 1961, le monde stupéfait apprenait que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un homme avait effectué un vol dans l’espace et en était revenu saint et sauf ! Exploit d’autant plus remarquable qu’il venait d’être réalisé par l’Union Soviétique, état réputé alors arriéré d’où ne transpirait jusqu’ici aucune information.

Ce premier cosmonaute était un jeune homme de 27 ans, Youri Alexeïevitch Gagarine (en russe : Юрий Алексеевич Гагарин) (1934-1968) dont l’allure tranchait avec l’idée austère, voire sinistre des peuples soviétiques répandue par la propagande occidentale. Beau, simple et souriant, Youri Gagarine attirait d’emblée la sympathie. Son charisme ainsi que ses origines modestes (son père était charpentier) en faisait un modèle très représentatif du héros communiste. Des critères qui pesèrent sans doute dans le choix ultime qui le fit préférer à German Titov, fils d’enseignant.

Youri Gagarine s’était envolé de la station de Baïkonour dans le Kazakhstan (station longtemps tenue secrète) au matin du 12 avril 1961 à bord de la capsule VOSTOK 1, à bord de laquelle il effectua une révolution d’une heure quarante-huit minutes autour de la terre avant de redescendre, sans encombre, nous dit-on à l’époque. En réalité lors d’un problème au retour, Gagarine avait dû s’éjecter de sa capsule spatiale à quelques milliers de mètres et atterrir en parachute.

Dans le contexte politique du moment, ce coup d’éclat dépassait les performances techniques et scientifiques. Il traduisait la volonté de l’URSS -et sa capacité- à entrer en compétition, et même à surpasser les pays occidentaux.

Toutefois notre enthousiasme était amoindri par les rumeurs inquiétantes qui depuis quelques années couraient sur les méthodes du bloc soviétique, milieu clos d’où ne transpirait aucune information. Quel avait pu être le prix humain de ce succès ? Deux jeunes radioamateurs italiens de génie, les frères Achille et Giambattista Judica-Cordiglia assuraient avoir capté à plusieurs reprises la fin dramatique de cosmonautes à jamais perdus dans l’espace ou encore brûlés vifs dans leur capsule au retour sur terre. C’était atroce. Rien ne nous permettait d’en vérifier la véracité.

Pour nous qui étions enfants, le ciel, au sens le plus poétique, s’effaçait au profit de la notion d’espace interstellaire que les hommes étaient sur le point de conquérir. Adieux le firmament biblique où régnait Dieu ; adieux les innocentes planètes du Petit Prince de Saint-Exupéry ! La science et la technique avaient raison des rêves… à moins qu’elles n’en aient suscité de nouveaux…

via obiwi.fr