Le ballon-sonde au-dessus de la cheminée de la Ruhr (merveilleuse pleine lune saisie par Bernard Servières, un habitant Sallèlois) était bien sûr un poisson d’avril. Mais pas l’usine, désaffectée depuis le début des années cinquante et dont la cheminée, du haut de ses 48 mètres, témoigne d’un passé industriel, mais éphémère. Un site qui devrait connaître dans les années à venir une belle dynamique avec l’entrée dans le Grand Narbonne.

A l’origine, l’usine faisait partie d’un ensemble d’installations créé en 1917 par un groupede papetiers de la région d’Annonay, désireux d’extraire le lignite des concessions minières bordant la Cesse, de La Caunette à Bize-Minervois, afin d’alimenter leurs usines en période de crise, comme lors de la guerre 1914-18.

En 1923, la société (Sté anonyme de la Cesse) changea de mains et le nouveau groupe élargit le but initial et envisagea l’utilisation du lignite par voie de carbonisation, dans l’usine de La Caunette, dont la haute cheminée est strictement identique à celle de Sallèles, reconnaissables à leur château d’eau en bourrelet. A Sallèles était programmée la distillation du lignite.

Le démarrage des usines et les essais furent laborieux, très onéreux pour des résultats médiocres. L’exploitation fut interrompue jusqu’en 1941, alors que s’affirmait la crise charbonnière. L’état français décida la remise en route de l’usine de la Ruhr. Les ingénieurs et techniciens, qui habitaient la maison massive bâtie dans la garrigue vers la gare, ont essayé de distiller des lignites pour la fabrication de l’essence synthétique. Quelques résultats positifs furent obtenus en laboratoire mais l’arrivée des troupes allemandes en 1943 bouleversa l’usine dont le directeur fut arrêté et déporté. Toutefois l’activité initiale continua en fournissant du lignite et des boulets de lignite à travers la France.

La remise en route des mines de charbon françaises en 1949 sonna le glas de l’exploitation des lignites et l’usine fut désaffectée.. Le terme  »usine de la Ruhr » donné par les autochtones à l’usine désaffectée fait référence à son occupation par des ingénieurs allemands. D’autres anciens l’attribuent à l’occupation par l’armée française de la riche région industrielle de la Ruhr, en Allemagne, pendant la première guerre mondiale.

via lindependant.com