Guy Baillet (F8GFA) a obtenu sa licence de télégraphie il y a quelques mois. Depuis, il est chaque jour en contact avec des personnes du monde entier.

À 61 ans, Guy Baillet, membre du club de radiocommunication Pierre-Coulon, vient d’obtenir sa licence de télégraphie. Il évoque son apprentissage et les possibilités de communication, au Salon international de la radiocommunication ouvert au public aujourd’hui.

Guy Baillet, membre du club de radiocommunication Pierre-Coulon de Saint-Just-en-Chaussée, est intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer sa « passion ». Présent au Salon de la radiocommunication, organisé par son club à la salle André-Pommery jusqu’à aujourd’hui, il est l’un des derniers licenciés en télégraphie de son association. Pourtant, cette activité, il la pratique depuis plusieurs décennies.

« Je suis venu à la radiocommunication à l’âge de douze ans. J’étais toujours devant mon transistor, à l’écoute des petites ondes. Un jour, j’ai entendu un radio amateur de mon village, à Villers-le-Bel dans le Val d’Oise. Je suis alors sorti afin de chercher une maison avec des antennes. Et je l’ai trouvée », se souvient Guy Baillet. Depuis cette période, ce dernier a évolué dans le monde du radio amateur. « J’ai commencé par bricoler ou monter un émetteur et un récepteur. Puis j’ai passé ma licence de radio amateur en 1973. On m’a alors donné un indicatif : F1CNT (ndlr : un code identifiant) », indique-t-il.

Les années passant, Guy Baillet poursuit dans le monde du radio amateur, mais ne passe pas sa licence de télégraphie. Ce n’est que l’an dernier que ses amis du club Pierre-Coulon le poussent à apprendre le morse. « Avant, je communiquais en audio. Mais en octobre 2009, j’ai passé mon examen de télégraphie », relate-t-il. L’apprentissage du morse ne s’est pas réalisé en quelques jours. « J’ai mis deux mois et demi pour l’apprendre. Cela permet de communiquer dans le monde entier avec des puissances réduites », souligne Guy Baillet.

Chaque lettre ou chiffre a un signe en morse

De ces mois d’apprentissage, Guy Baillet retiendra quelques difficultés. « Au début, couper tous les signes pour comprendre une phrase était difficile. Une phrase en morse, c’est une suite de tits et de tats. Par exemple, pour SOS, il faut trois tits, trois tats, et trois tits. Chaque lettre a un signe morse particulier. Pour les chiffres et la ponctuation, c’est la même chose », énumère-t-il en amateur avisé. « C’est un nouvel alphabet à apprendre », ajoute-t-il. À la fin de cet apprentissage, Guy Baillet était capable de déchiffrer un message de douze mots en une minute.

Peu à peu, l’amateur de la télégraphie voyage depuis son bureau. Tous les continents sont à son tableau de chasse : « J’ai été en contact avec des personnes du Vietnam, d’Indochine, d’Inde, du Japon, des continents nord et sud américains, de Russie, du Koweït, ou de Cuba. On indique notre prénom, le lieu où l’on est. Nous échangeons également quelques indications sur le trafic. Grâce à la télégraphie, nous avons des liaisons sûres. » Et même loin de son domicile, Guy Baillet peut se déplacer avec son matériel et poursuivre sa quête de communication. « J’y suis tous les jours, c’est une passion », conclut-il.

A. B.
via Courrier Picard