Quelque 80 personnes étaient engagées, hier à Miellin, pour ce « jeu de rôle grandeur nature, censé tester les limites de ce dispositif de secours en montagne ».

[col-sect][column]Hier, peu après midi. Le quadragénaire donne l’alerte par téléphone. Les deux randonneurs sont quelque part sur les hauteurs de Miellin, sur le versant haut-saônois du massif des Vosges. Lui, explique s’être blessé à un genou en voulant prêter secours à son camarade, inconscient. Le second est tombé dans un ravin, plusieurs mètres en contrebas du chemin qu’ils empruntaient alors en pleine forêt. Où sont-ils réellement ? Les indications géographiques sont vagues. C’est le début du scénario. Il s’agit-là de la trame de l’exercice de simulation de secours en montagne orchestrée, hier après-midi, par la préfecture.

Le centre opérationnel est à Vesoul, le poste de commandement à Miellin, entre le cimetière et la mairie. Les radios crachent les avancées sur le terrain, les téléphones tournent aussi à plein régime. A chacun sa carte de la région. Un militaire – le lieutenant-colonel Thierry Baud – mène les opérations de recherche. Centralise les informations. Quelque 80 personnes sont engagées pour ce « vrai jeu de rôle grandeur nature, censé tester les limites de ce dispositif de secours », dixit Michel Robquin, le directeur de cabinet du préfet. Une trentaine de sapeurs-pompiers du département, autant de gendarmes, six bénévoles de l’association départementale des radio-transmetteurs et douze de la protection civile sont de la partie.[/column]
[column]A 15 h 36, une équipe de militaire entend des cris. Les deux blessés sont repérés. A ce moment-là, les pompiers prennent le relais. L’opération de sauvetage est lancée, elle est pilotée par le commandant Denis Laprevote-Tarnaud. Les secours arrivent sur les lieux. Le terrain est escarpé, boueux. Çà et là, quelques stigmates de la neige. Mais qu’en aurait-il été avec de vraies conditions hivernales ? N’empêche, il faut encore remonter les pseudos victimes du ravin. Des cordes sont installées. Une équipe descend. Les deux hommes sont mis dans des barquettes, transportées ensuite par quads. Pas besoin de l’hélicoptère de la sécurité civile. L’exercice prend fin.
Tester les rouages

A plusieurs kilomètres de là, au poste de commandement, l’heure est presque au débriefing. Les rouages de l’ensemble du dispositif ont-ils bien fonctionné ? Le comportement de chacun est examiné après-coup, la coordination de tous testée. Le bon, certes, mais aussi ce qui aurait pu gêner l’exercice. « On corse un peu le scénario pour qu’il s’avère à coup sûr un peu moins dur s’il devait arriver en vrai », indique le directeur de cabinet du préfet.

Guillaume CHAILLAN
via Edition Haute-Saône 9/3/2011 Est Républicain[/column][/col-sect]


80 personnes ont secouru deux « faux blessés » en forêt de Servance

Le premier blessé arrive au sommet de la pente où s’est déroulé l’accident fictif, mais les secours étaient bien réels. Photos Jean Becker

Un exercice grandeur nature de secours en montagne s’est déroulé hier après-midi dans le massif de Servance, entre les vallées de la commune du même nom et de Miellin, en Haute-Saône. 80 personnes ont participé aux recherches.

12 h 45.- L’alerte est donnée. Un randonneur appelle de son téléphone portable le Codis de la Haute-Saône pour signaler que lui et son copain sont blessés alors qu’ils effectuaient une balade au départ de Miellin. Mais il leur est impossible de donner des précisions sur le lieu de leur accident.

13 h 05.- Tous les secours affluents au centre des sapeurs- pompiers de Servance. Des gendarmes d’Héricourt, de Champagney mais aussi de Lure, Servance, Luxeuil et Vesoul sont dépêchés sur place. Un garde de l’ONF du secteur arrive également. Les sapeurs pompiers et le personnel de la Sécurité civile sont aussi présents, de même que les Belfortains de l’Adrasec. Au total, près de 80 personnes.

13 h 15.- Le lieutenant-colonel de gendarmerie, adjoint au groupement à Vesoul, dirige les recherches et forme trois groupes qui vont partir à la recherche des deux blessés, renseignés par l’un d’eux. La zone de recherche est un quadrilatère de 3 km sur 1, situé sur la ligne de crête entre les vallées de Servance et de Miellin, non loin du lieu-dit « le Plain des Bornes ».

15 h 15.- Les trois équipes, composées de gendarmes et de pompiers, sont toujours à la recherche des deux blessés.

15 h 35.- Le groupe Bravo localise les blessés, dont l’un lance un appel. La zone se situe près du Pré le Py, à 891 m d’altitude.

15 h 45.- Les gendarmes retrouvent les deux « faux blessés », 230 mètres en contrebas d’une coulée abrupte dans la forêt. Mais il est impossible d’y accéder avec un véhicule, même un 4X4.

16 h.- Finalement, un médecin des sapeurs-pompiers se trouve au côté des blessés et conditionne le plus gravement atteint, qui a perdu connaissance. Un quad des pompiers de Luxeuil arrive sur place, ce qui permet d’évacuer le blessé dans une civière coquille.

16 h 30.- Le premier blessé est remonté à la force des bras, puis évacué en quad. Au Plain des Bornes, il sera transféré dans une ambulance qui le transportera au centre hospitalier de Lure.

Le deuxième randonneur, légèrement blessé à un genou, est ensuite remonté et évacué de la même manière.

Tous les secouristes redescendent à pied à Miellin. Il est 18 h : fin de l’exercice. Le commandant des pompiers Denis Laprévote-Tarnaud, dresse le bilan des secours avec son homologue des gendarmes. « Heureusement qu’il n’y avait pas de neige, car les conditions de secours n’auraient pas été les mêmes… ». Bref, de vrais secours pour de faux blessés.

le 09/03/2011 à 00:00 par Jean Becker
via Edition Aire urbaine 9/3/2011 Le Pays