Paolo Nespoli

Depuis des années, la Nasa donne la possibilité aux écoliers de la planète d’entrer en contact avec un occupant de la station spatiale internationale (ISS), en direct de l’espace. Une expérience formidable mais totalement hors de portée sans un solide bagage technique.

Pourtant, l’école de Montaud, village de moins de 400 âmes, a eu le privilège, en 2004, d’entrer en contact avec l’astronaute Mike Fincke. L’aventure avait été rendue possible par les membres du radio club de Tullins, comme Jean-Marie Delacour : « C’était la troisième école française à le faire depuis 1996. » Deux années d’attente avant deux rendez-vous… annulés

Les vingt adhérents de l’association décident en 2008 de retenter l’expérience. Parmi eux, un professeur de musique du collège Joseph-Chassigneux, de Vinay propose l’aventure aux sixièmes et cinquièmes de l’établissement. Quinze jeunes s’inscrivent, bien conscients d’une chose : cela prendra du temps.

Deux ans plus tard, les élèves sont maintenant en 4 e et 3 e. À deux reprises, ils ont cru que le grand jour était arrivé. En juin 2010, la liaison est annulée à cause d’un changement de trajectoire de la station. Le 25 janvier 2011, le rendez-vous est reporté à cause d’un surcroît de travail. Une nouvelle date est alors fixée : ce mardi 1 er février à 8 h 02.

« Nous avons installé une antenne de 4,70 mètres de haut sur le toit du collège qui doit suivre la trajectoire de la station. On réfléchit comme un projet industriel : nous anticipons toutes les pannes. Nous avons tout en double. Une personne déplacera manuellement l’antenne si le logiciel a un problème », expliquent les techniciens tullinois. “Avez-vous croisé des Ovni ?”

Élèves et radioamateurs ont souvent répété la scène. Tout devrait se dérouler comme prévu. Dans une salle du collège, les jeunes poseront leurs questions en français pour que le public comprenne. Un opérateur reposera la même question en anglais au spationaute, Paolo Nespoli.

De “avez-vous croisé des Ovni ?” à “devez-vous faire des réparations à l’extérieur de la station ?”, une vingtaine de questions a été préparée. « Tout le monde entendra sa réponse conclue par le fameux “over” », s’amuse Jean-Marie Delacour.

Le challenge technique est impressionnant, mais les radioamateurs sont confiants et ne pensent qu’à revivre “Montaud”. « En 2004, on a fait trois appels. Et quand l’astronaute a répondu, nous avons tous eu des frissons. Notre objectif c’est d’apporter ce plaisir aux élèves », expliquent-ils.

Leur plaisir à eux : « C’est de faire quelque chose de compliqué et qui marche. »

L’idéal serait tout de même de susciter des vocations. « On pense à la relève », avoue Jean-Marie Delacour. « Trois des élèves inscrits dans le projet ont maintenant le matériel… » La mission serait donc doublement réussie.

via ledauphine.com