DES étudiants de l’Institut supérieur des sciences et techniques (Insset) de l’université de Picardie s’apprêtent à vivre une expérience extraordinaire ou, plus exactement, extraterrestre. Sous l’égide du Cnes (Centre national d’études spatiales – excusez du peu !), ils vont embarquer à bord de l’Airbus A300 – Zéro G à partir de Mérignac. Zéro G pour zéro gravité, car, une fois à bord, ces jeunes étudiants de Saint-Quentin vont se retrouver dans le même état d’apesanteur que s’ils étaient dans l’espace.

Attention, ce vol n’est pas ouvert à tous. Cet avion Zéro G est en réalité un laboratoire volant et les étudiants de l’Insset vont mettre à profit ce vol parabolique pour vérifier leurs hypothèses de travail. Ils espèrent, à partir des relevés effectués dans des conditions proches du réel, « valider le concept » imaginé sur papier dans le cadre de leurs projets tutorés. Il s’agit de rendre opérationnel un satellite lors de son passage devant les stations implantées au sol, afin « qu’il reçoive les ordres de la Terre ».
Pour décrocher ce vol exceptionnel, les étudiants et leurs enseignants ont déjà bien bossé sur leur projet. Ils ont encore quelques mois pour le peaufiner. Sept d’entre eux se préparent à partager l’aventure. L’expérience menée avec le Cnes constitue pour l’équipe de l’Insset, antenne de l’université Jules-Verne de Picardie, une reconnaissance incontestable en termes de notoriété.

[col-sect][column]Une approche pluridisciplinaire
En lien avec l’IUT de Saint-Quentin, chacun dans leur domaine respectif – Génie mécanique pour l’IUT et Systèmes embarqués pour l’Insset – l’Insset travaille sur un projet de conception et de réalisation d’un Cubesat. Il s’agit d’un satellite miniaturisé pour la recherche spatiale. La filière « Systèmes embarqués » de l’Insset aura en charge le développement de l’ordinateur de bord du satellite et de la programmation des applications embarquées. La charge utile sera constituée d’une caméra numérique, dont les images seront transmises à différentes stations terrestres (communauté scientifique et radioamateur Amsat), notamment, aux stations Genso (Global Educational Network for satellite Operations). L’objectif est de mettre en réseau, via Internet, les stations de télécommunications dans le monde pour suivre les satellites radioamateurs et scientifiques. Cette participation des étudiants de Master « Systèmes embarqués » fait partie intégrante de leur implication dans des activités de recherche et d’innovation industrielle. Leur contribution à Genso a porté sur deux points : la mise en place de la première station de France Genso, ici, à Saint-Quentin et le développement d’un logiciel de décodage auto adaptatif et robuste pour le décodage des informations transmises par les satellites défilants. C’est opérationnel.[/column]
[column]Dans la continuité
Depuis cinq ans, l’équipe « Systèmes embarquées » de l’INSSET Saint-Quentin s’est spécialisée dans le développement de calculateurs intégrant des dispositifs logiciels et matériels de sécurité de fonctionnement, plus particulièrement pour des environnements spatiaux où l’électronique embarquée est soumise à des rayonnements ionisants destructeurs. Disons, pour décoder l’enjeu scientifique, que l’intérêt du projet mené par les Saint-Quentinois est de permettre d’utiliser des composants autres que ceux vendus par les Américains qui, selon Thierry Capitaine, maître de conférences, ont « verrouillé » le marché. Cette solution innovante, imaginée dans les locaux de la rue Raspail, a vocation à rendre possible une reprogrammation depuis la station Genso que l’Insset a installée dans les locaux de l’IUT, rue d’Ostende à Saint-Quentin. La conséquence immédiate est d’accroître la durée de vie des composants touchés par les radiations et de faire baisser considérablement les coûts.
Textes de Graziella BASILE lunion.presse.fr[/column][/col-sect]