Depuis le mois d’octobre, l’association des radios amateurs de Teyran, indicatif : F8KHR, plante une partie de ses antennes à l’école primaire Jules-Ferry, les mardis et jeudis entre 12 h et 13 h 30. Une bonne occasion de découvrir cet univers avec l’aide de Guy Gleizes, président du club local. Le club, qui compte 23 membres, se réunit les mercredis et samedis de 14 h à 17 h. En leur sein, une seule femme, Claire (en cours d’obtention du certificat de radio amateur), mais à la tête de la région Languedoc-Roussillon, une présidente, Marie-Jeanne Colosso.

Comment est né ce partenariat avec l’école ?
Le 18 avril 2010, durant des portes ouvertes organisées lors de la traditionnelle journée mondiale des radios amateurs, des jeunes sont venus à notre rencontre ainsi qu’en septembre pour le forum des associations. Devant l’intérêt porté à notre activité et avec le concours du pôle jeunesse de la mairie, l’idée est venue de faire découvrir l’univers des radios amateurs au cœur de l’école, de partager notre passion. La première session (octobre à décembre) ayant bien fonctionné, c’est reparti depuis début janvier.

Comment se déroulent les séances à l’école ?
Avec l’aide de Dominique et de Jean-Claude, nous les initions à plusieurs techniques, le morse par exemple, où Jane et Emie (deux élèves de CM2) ont réussi en peu de temps à presque assimiler l’intégralité de l’alphabet. Leur implication et leur grande curiosité ont fait la différence avec leurs camarades. Ce jeudi, Jane est même repartie avec un buzzer pour continuer à travailler le morse lors des classes de neige qui commencent ce dimanche. A noter que sur la vingtaine d’élèves régulièrement présents, 90 % sont des filles. Les garçons semblent papillonner entre les appareils…

Nous avons aussi à leur disposition d’autres outils pour découvrir le PSK, la télégraphie numérique (de la communication audio reconvertie en numérique, mais non reliée à internet) qui s’appuie sur des fréquences décamétriques, nécessite une petite puissance, de longues antennes, et permet de communiquer dans le monde entier. Le SSTV pour la transmission d’images. Et enfin de la VHF, pour communiquer sur de petites distances, avec peu d’obstacles. Grâce à une vingtaine de satellites spécialisés pour les radios amateurs, la distance de communication est surmultipliée, avec toujours une petite puissance de base.

Au travers d’outils parfois très simples, c’est aussi un moyen pour ces amateurs de partager, de transmettre un savoir-faire et également d’apporter des notions d’électronique.

En 2011, à l’ère d’internet, qu’apportent ces systèmes de communication ?
Lors de catastrophes naturelles, telles que tsunamis, tremblements de terre, cyclones, la technique du morse reste le meilleur moyen de communiquer. A tel point qu’à l’approche de ces événements qui nécessitent de mettre en sécurité les antennes satellites habituelles, où le téléphone et internet ne passent plus, les préfectures mobilisent dans plusieurs régions des équipes de radio amateurs, qui deviennent les seules personnes à pouvoir communiquer avec le reste du monde, facilitant ainsi l’organisation des secours. A noter qu’à bord de l’ISS, la célèbre station spatiale, deux astronautes sont systématiquement formés, avant leur départ en mission, aux techniques des radios amateurs.

via midilibre.com