Dans la palette des activités des radioamateurs figure la récupération des ballons envoyés dans l’atmosphère par les services de météorologie. Une sorte de chasse au trésor pour scientifiques pratiquée au gré des vents.

Une antenne permet aux radioamateurs de réaliser des géolocalisations. Entre autres activités, ils partent à la recherche de ballons sondes météorologiques. Photo Philippe NEU.

Les météorologues expédient 850 ballons sonde dans le ciel, chaque jour, dans le monde. Et, fatalement, ils retombent tous… Leur chute solde une intense communication réalisée tout au long de leurs 35 000 m d’ascension, en livrant des informations précieuses sur les températures, les vents, la pression atmosphérique, etc. Parvenus à leur point critique, les ballons éclatent et leurs nacelles (la sonde) redescendent vers le sol en parachute. Dès lors, ils n’intéressent plus personne. Sauf un homme, en Moselle : Marc Dacquay. Ce radioamateur résidant à Pange s’est spécialisé dans la récupération des sondes.

Samedi, il anime une séance d’information sur ce sujet, assimilable à une chasse au trésor au pays de la haute technologie, qui l’emmène sur des sentiers parfois bien surprenants, au gré des lancers et surtout du sens des vents.

S’entraîner pour les avions
Marc Dacquay ronge son frein. Là, cela fait de longues semaines qu’il ronge son frein. Les ballons envoyés par les météorologues allemands partent vers l’est depuis la fin de l’été. Mais à certaines périodes, il en récupère jusqu’à trois par jour.

« Grâce à l’émetteur de la sonde, nous pouvons repérer sa trajectoire et déterminer l’endroit où elle tombe », explique Marc Dacquay. Dès lors, il se lance à sa recherche. « C’est une balade en pleine nature qui permet de maintenir une compétence de recherches en radiogoniométrie. Le jour où un avion se crashe, nous pouvons être appelés à retrouver sa balise. Donc rechercher des ballons est un entraînement permanent. »

Une course derrière un signal
Quand un ballon est annoncé, la recherche est une course contre la montre. La montée dure deux heures trente à trois heures. Par contre, la descente est plus rapide : une heure maximum. « Il faut se lever tôt car la durée de vie de la batterie n’est pas énorme. » Parfois, le signal de l’émetteur est perdu alors que le radioamateur se trouve sur zone. La neige peut causer des perturbations, des courts-circuits. Une ligne a haute tension, des arbres ou un cours d’eau peuvent aussi anéantir des heures d’efforts. « C’est très aléatoire . Mais il arrive aussi de voir le parachute rouge posé en plein champs, visible à des centaines de mètres. » Outre la satisfaction d’avoir touché au but, le radioamateur peut toujours espérer récupérer un composant utile. Un module, par exemple, permettant de bricoler des appareils GPS.

Olivier SIMON.
source: republicain-lorrain.fr