De la Terre à la Lune, à la Terre

Avec quatre antennes de 10 mètres et un matériel puissant, Christian peut communiquer avec la terre entière en utilisant la lune comme relais.

[column]Pointu, fermé, fascinant, de nombreux adjectifs conviennent au radioamateurisme. Spécialiste du domaine, un Bressan nous aide à comprendre cette passion peu commune.

Kesako ? Les radioamateurs se servent d’émetteurs et d’antennes pour communiquer entre eux à travers la planète. EME. « Earth moon earth », « terre lune terre » en Français, est une méthode qui consiste à se servir de la lune pour communiquer.

Christian Roy habite à Ratte, et fait partie d’un clan très fermé, celui des radioamateurs. « Le radioamateur, c’est quelqu’un qui aime communiquer et qui s’enrichit grâce aux ondes radio à but personnel. » Cette définition n’est pas suffisante ? Alors décodons cette passion.

Les radioamateurs existent depuis l’existence de la radio. Avec des antennes impressionnantes, (4 de 10 mètres chez Christian) et au moins un émetteur-récepteur, ils utilisent les ondes pour correspondre avec d’autres utilisateurs. Pour faire simple, un radioamateur est un cibiste puissance 10. Puissance 10, puisqu’il peut communiquer beaucoup plus loin. Mais pour cela, il lui faut un bagage de connaissances et de patience important.

Depuis sa formation en 1999, et une licence qui lui donne le droit d’émettre, Christian passe par exemple des week-ends entiers devant son impressionnant appareillage électronique, acheté ou inventé de toutes pièces.
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Réglant tour à tour son émetteur-récepteur et la position de ses antennes, il cherche parmi une infinité de fréquences à capter un autre radioamateur qui communique par la voix ou par le morse. Christian est l’un des seuls en France à échanger ainsi, à cette difficulté, il ajoute l’utilisation d’un relais de communication peu banal : la lune. « Les ondes que je transmets se réfléchissent contre. Grâce à elle, on peut trouver des liaisons à travers la terre entière. »

Contact

Dans un calepin, Christian a noté l’heure et la fréquence de tous les contacts qu’il a pu trouver. Ils sont nombreux au Japon, aux USA, en Nouvelle-Calédonie et partout ailleurs, à avoir communiqué avec F0CXO, son indicatif.

Ces échanges durent 6 minutes. Pas question de demander des nouvelles du temps, en tout cas pas en morse. Le simple échange d’indicatif suffit. Ce contact est en soi une récompense à l’acharnement et aux compétences techniques et de réglage du radioamateur. Ensuite, le lien s’établira par d’autres biais. « On a l’air de dinosaures, mais ensuite on se retrouve sur internet ».

Le côté réseau social n’est qu’une facette du radioamateurisme. « En cas de problème, nous aidons la protection civile, on peut par exemple retrouver un avion qui s’est crashé, avertir les populations durant les tremblements de terre », explique Serge Naudin, radioamateur à Dole.
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Et puis comme la lune, cette passion a une face plus cachée. Nombreux sont les radioamateurs qui pointent leurs antennes vers l’espace. Ils peuvent y entendre passer les satellites, communiquer avec les stations spatiales, ou voir leurs ondes se réfléchir sur des météorites. Enfin, il reste le rêve ultime de ces hommes, que leur message envoyé dans l’espace trouve une réponse, mais qui ne vienne pas de la terre.

Romain Martin
Publié le 15/11/2010
via le journal de Saône et Loire