Les radio-amateurs communiquent dans le monde entier en utilisant des fréquences dédiées. Avec l’avantage d’être compris partout, à condition de maîtriser… le morse.
Le radio-amateur (à ne pas confondre avec le cibiste ou le collectionneur de radios) semble a priori vivre dans un univers révolu, celui du XX e siècle où la télégraphie constituait le moyen le plus sûr de braver sans encombre la topographie et les longues distances.

De d. à g. : F6CIA, F5GBG et F5AHP sont membres de Ref 68, l’association qui fédère les radio-amateurs du Haut-Rhin. Ils se rassemblent aujourd’hui à Orbey. Photo J.F. Frey

Dans le Haut-Rhin, ils sont environ 200 radio-amateurs à détenir « un indicatif », celui attribué par l’ANFR (Agence nationale des fréquences) les autorisant ainsi à se « promener » d’une manière ludique sur des bandes de fréquences radios dédiées et dont l’usage est très encadré. Mais tous ne sont pas forcément adhérents à l’association Ref 68, fondée en 1946, qui fait le lien avec les radio-amateurs dans le département.

[col-sect][column]Les « Spy Radio » des résistants
« Il y a de nombreuses applications possibles, expliquent Francis Frey et Jean-Jacques Kledy. Des applications techniques, expérimentales » mais aussi patrimoniales, pourrait-on dire. Car les émetteurs récepteurs militaires collectionnés par Maurice Ancel — F6-CIA pour les intimes, c’est son indicatif radio-amateur — sont de véritables joyaux technologiques.

Cet Orbelais capable de remettre en état n’importe quel poste (à condition de mettre la main sur les notices techniques) possède quelques exemplaires rares, notamment les fameuses « Spy Radio » dont l’usage a été popularisé par la Résistance et les « espions » des deux blocs antagonistes de l’époque.

« Ce sont les postes les plus emblématiques », expose Maurice Ancel, parlant de ses émetteurs-récepteurs de la Seconde Guerre mondiale. « Il y a bien sûr le plaisir de les réparer. Mais, surtout, il y a une histoire derrière. On pense à ceux qui les ont utilisés. Des messages ont peut-être sauvé des vies. Un jour, un Corse qui avait fait la guerre a reconnu la tonalité du poste — le B2 – que j’utilisais… »[/column]

[column]Les messages sont émis en morse, une grande majorité des émetteurs-récepteurs en sa possession ne fonctionnant pas en « phonie ». « La télégraphie est le moyen le plus efficace de pouvoir communiquer ». On communique aisément (en télégraphie) avec un Japonais ou un Russe en utilisant « l’ancêtre du langage SMS » : « TKS » pour « Thank You » ou encore « GM » pour « Good Morning », etc.

Que ceux qui souhaitent décrocher leur licence de radio-amateur (un examen préalable est obligatoire) se rassurent : la maîtrise du morse n’est plus obligatoire. Le grand plaisir de cette communauté est bien sûr d’utiliser son matériel, même si les échanges se limitent à la pluie et le beau temps, les discussions politiques, religieuses et autres étant formellement proscrites par les autorités. « La notion de performance d’émission et réception compte beaucoup ».

Aujourd’hui, une bonne trentaine de radio-amateurs est attendue à Orbey, au domicile du collectionneur ; on y causera sans doute de « la force du signal, de lisibilité et de tonalité ».

Jean Daniel Kientz
SURFER Site web du réseau des émetteurs haut-rhinois : www.ref68.com. L’association organise des sessions de formation.

via lalsace.fr[/column][/col-sect]