« C’est gratuit et ça le restera toujours. » Le slogan inscrit sur la page d’accueil de Facebook pourrait être celui des cibistes présents hier au Salon Millau Radio, dans la salle des fêtes du parc de la Victoire. Et oui, la CB – comprendre Citizen Band -, c’est un peu le grand-père du réseau social créé par l’Américain Mark Zuckerberg… à quelques différences près.
« J’ai retrouvé un copain que j’avais perdu de vue depuis quatorze ans. A force d’échanger, on a deviné qu’on se connaissait. » Florent Lautrec se branche régulièrement sur sa CB depuis les années 80. A l’époque, victime d’un accident de la route, il est immobilisé chez lui pendant des mois. Une situation peu propice pour se distraire et se changer les idées : « Mon frère était déjà dans la radio. Il m’a installé la CB. Ça m’a redonné le goût de parler, de me réintégrer. » Derrière le micro, personne ne juge. Une fois l’émetteur branché, les conversations fusent, les rencontres s’opèrent : « Les ondes sont un espace de convivialité. Et on peut discuter tout en restant dans l’anonymat. » Pas la peine de divulguer son identité. Chaque cibiste possède son nom de code : Libellule, Kodak ou Peace pour les plus branchés. Seul problème soulevé par le passionné : les conversations sont entendues par tous les « connectés ».
Un manque de proximité qui n’empêche pas les belles rencontres. Retour quinze années en arrière. Sur les ondes, Florent entre en contact avec une certaine Zazou, sa compagne actuelle.
Quelques stands plus loin, de grands enfants font voler des hélicoptères. Sur la table, planeurs et avions, figurines bien cramponnées à leur ceinture, attendent leur tour. Pour les débutants en aéromodélisme, Didier Caldara, président de l’association Les Vautours de Millau, ne manque pas de conseils : « Il vaut mieux se fabriquer sa bête de vol soi-même et apprendre à la réparer. » A 10 ans, c’est avec des cagettes de légumes que Didier avait fabriqué son premier engin.

Laurie ZÉNON

via www.midilibre.com