Depuis que leurs appareils à télécommande ont été perturbés la semaine dernière (lire Midi Libre du 21/08), de nombreux habitants autour des hauteurs du Crès ont voulu en connaître l’origine. Frédéric Bonnefous, radioamateur résidant avenue Charles-de-Gaulle, a été bien embêté, car avec son antenne bien visible de 8 m, les regards se sont tournés vers lui.

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Mais il est certain que ça ne peut pas être lui. Les appareils brouillés émettent à une fréquence de 400 MHz, or, son équipement n’utilise que des basses fréquences entre 3 et 30 MHz qui, ricochant dans la troposphère, lui permettent de capter des signaux à l’autre bout de la Terre.
Rien à voir donc avec les télécommandes. « J’ai une licence pour avoir le droit à l’antenne depuis 2001, précise-t-il. Je dois présenter un carnet de trafic à l’Agence nationale des fréquences. Je peux même être réquisitionné pour un plan Orsec si mon antenne peut être utile. » Ce qui est sûr, c’est que le relais UHF (au-dessus de 300 MHz) de Saint-Germain, utilisé par le radio club de la MJC, a été brouillé entre le mercredi soir et le vendredi matin. C’est ce qu’a constaté Patrick Vidal, président du club et de la MJC. « Pour moi, c’est un problème accidentel, pense-t-il. Ça peut être un radioamateur équipé en UHF qui a oublié de débloquer la pédale de son émetteur et qui s’en est aperçu plus tard. » Ce n’est pas l’émission elle-même qui est en cause, mais sa durée, qui a mis les appareils à rude épreuve.
[column]Dans leur pratique, les radioamateurs n’émettent que brièvement. « Notre hobby est technique, on connaît nos appareils, on sait où on peut aller , insiste Patrick Vidal. On n’aime pas perturber et on n’aime pas être perturbés. Les parapentistes utilisent des appareils qui ressemblent aux nôtres et il leur arrive de rentrer dans les fréquences réservées aux radioamateurs. » La hantise d’être bombardés par des ondes rend parano. Les radioamateurs de Millau ont une anecdote révélatrice sur le sujet. Un de leurs collègues a un jour installé un manche à balais déguisé en antenne sur son toit. Son voisin est venu se plaindre d’interférences qu’il pensait dues à la pseudo-antenne, avant de se retrouver tout penaud.[/column] [column]« On peut reprocher aux fabricants de ne pas faire d’appareils assez étanches , poursuit Patrick Vidal.
Les téléviseurs aussi sont de vraies passoires, quand une mobylette passe à côté, ça les perturbe. » Si la thèse d’une bévue se confirme, les perturbations telles que les a connues le quartier ne se reproduiront pas. « Si c’est quelqu’un qui fait l’andouille, on sera les premiers à monter au créneau, discrètement, on fera une triangulation et on le trouvera rapidement. On sait le faire, on est habilités à filer un coup de main à la protection civile en repérant la balise d’un avion qui s’est crashé », assure Patrick Vidal.

via Philippe HAIMART midilibre[/column]