Photo DDM, Emilie Cayre.

«En cas de conflit, ce sera le seul moyen de communiquer », Jean Touzot du haut de ses 103 ans « dans un mois », précise t-il, pratique toujours le morse une heure par semaine le jeudi sur le réseau 9TM. Ce système qui a environ deux siècles fonctionne sans satellite, ce pourquoi il résiste encore. Quelques milliers d’amateurs de toute provenance échangent des nouvelles. « C’est une sorte d’espéranto simplifié » explique Jean Touzot, « une impulsion courte et une impulsion longue marquent la lettre « A » et ainsi de suite… ».

« Je sais lire et écrire et je connais la TSF à fond » dit fièrement le Membre d’honneur des réseaux F9TM. Ce diplôme national lui a été délivré par le général Fresko du huitième RT pour 57 ans de bons et loyaux services. Également membre du réseau d’urgence le plus vieux télégraphiste français réside rue du Breuil à Albi depuis 44 ans et en attendant l’appel, il collectionne les cartes QSL, sorte d’accusé-réception d’une conversation morse. Démonstration… Un FT-840, une pioche des années 30, un manipulateur « lame de scie » fabriqué maison, une boîte d’accord MFJ et une alimentation bien dimensionnée constituent la station de Jean Touzot. Le matériel tient dans une armoire du garage, c’est là que « F8IL » cultive sa passion.

«tout le monde peut faire de la télégraphie»
Les radioamateurs discutent de la pluie et du beau temps. Et interdiction de brouiller les ondes officielles ou de pénétrer sur un réseau militaire sans autorisation.

« Le morse est encore utilisé aujourd’hui comme moyen de secours pour la transmission, en aviation par des systèmes de balises, ou encore pour la signalisation maritime par certains transpondeurs radar et feux, dits « à lettre morse ». D’ailleurs, Jean Touzot a initié quelques centaines de jeunes à la télégraphie au lycée Jean-Louis Rascol.

« Tout le monde peut faire de la télégraphie », déclare t-il, « il suffit d’apprendre l’International morse code et de traduire tout ce qui vous tombe sous les yeux, c’est très amusant et surtout simple et efficace ». Un langage intemporel en somme.
via ladepeche.fr