« Bonjour Jean-Pierre, me reçois-tu fort et clair ? » Jean Nowotarski lâche le commutateur de son micro et attend la réponse de l’opérateur radio à l’autre bout du micro dans le gazouillis diffusé par les hauts parleurs. « Cet après-midi c’est pas terrible. Ca fonctionnait mieux ce matin. La propagation des ondes était meilleure » admet l’amateur radio co-fondateur du groupe Echo Victor Tango DX group (EVT DX Group), une association dont le but était de venir en aide aux enfants victimes de l’accident de Tchernobyl du 26 avril 1986.

1968, la révélation
« J’ai pratiqué la radio presque par hasard. Moniteur d’auto école en 1968, j’ai entendu dans ma radio un cibiste. Cela m’a mis la puce à l’oreille et je me suis équipé. J’ai passé ma licence radio en 1975 et je suis arrivé à Lestrem en 1995. Avec Jean-Pierre Clary, nous avons fondé l’association d’amateurs radio EVT DX Group pour venir en aide aux enfants désoeuvrés et orphelins depuis la catastrophe de Tchernobyl » relate Jean d’origine polonaise, qui sera d’un grand secours pour l’association puisque parlant Polonais et Français mais aussi Russe, Hongrois, Croate, Allemand, Anglais, Portugais et Espagnol.
Avec les amicalistes associatifs, ils achètent une machine à laver, un réfrigérateur, du linge et de la nourriture pour des enfants et parfois leurs familles quand ils en ont encore. « Tous ces gens étaient démunis et on devait les aider », explique-t-il simplement. Peu de temps après, Jean et ses amis arrivent à convaincre les administrations ukrainiennes à l’idée de les aider à installer un orphelinat qui accueille alors 24 enfants, à Melitopol près d’Odessa. « C’est une aventure dont nous sommes fiers. Aujourd’hui les enfants ont grandi et on a laissé depuis les autorités s’occuper du site » conclut le passionné des ondes courtes qui, avec son ami canadien Marc Roy, fonde en 2000 l’association Quebec-Quebec 2000 pour promouvoir les contacts entre l’Europe et le Canada.

« Jusqu’à 5 heures du matin ! »
Depuis les écoutes ont été nombreuses et Jean ne manque pas d’anecdotes sur le sujet : « J’ai eu une fois en liaison une Française qui était basée au Brésil et dont les parents habitaient Lille. Je lui ai demandé de me recontacter une heure plus tard, le temps d’aller chercher ses parents à l’adresse qu’elle m’avait donnée. Quand nous sommes recontactés elle avait ses parents au bout du micro. Ils pleuraient car ils ne l’avaient pas entendu depuis de nombreux jours et Ils ont parlé jusqu’à 5 heures du matin ! Trois ans plus tard, on sonnait chez moi. C’était elle ! Elle était venue me remercier pour ce qui lui avait laissé à elle-même et à ses parents un grand souvenir. » • PIERRE LESIEU (CLP)

source: www.lavoixdunord.fr