C’est dans un beau ciel bleu et nuageux, et depuis le site de Géotopia, que s’est élevé, samedi 15 mai après-midi à Mont-Bernanchon, le ballon-sonde Anatole IV. Il avait été préparé avec soin par les dix-neuf élèves de l’option MPI (mesures physiques et informatiques) du lycée Anatole-France. Un grand jour pour eux puisqu’ils voyaient l’aboutissement d’un projet représentant une année entière de travail ! Tractée par le ballon, une nacelle comportait les projets des lycéens. « En classe, on apprend la théorie. Ici, on voit en pratique ! », commence Maxime, chargé des relations avec les médias.

Le matin, chaque groupe d’élèves avait testé son expérience sur place : « Certains fils étaient mal soudés, ça a été réparé ! On espère que tout tiendra en place, malgré les chocs de la nacelle. » Vers 15 heures, assistés d’Alain Verbrugge, radioamateur, et d’Arnaud Richard, professeur de sciences physiques à Anatole France, les lycéens ont procédé au montage de la chaîne de vol : une enveloppe gonflée à 6 m³ d’hélium, un parachute pour freiner l’atterrissage, et les différentes nacelles, comprenant GPS, expériences et appareil photo. Un réflecteur radar, composé d’un morceau de carton et d’aluminium, placé entre le parachute et le ballon, permettait à ce dernier d’être repéré par les avions et les tours de contrôle. « Un groupe a prévu la trajectoire du ballon, en fonction des données météorologiques. Il y a 70 % de chances qu’il tombe dans les champs. En s’élevant, la pression diminue, l’hélium va alors prendre plus de place, jusqu’à ce que le ballon éclate. »

Faire face à l’imprévu pour assurer la réussite

Solène et Aurélie, responsables de vol, étaient chargées de vérifier le déroulement des préparatifs. Puis, après l’autorisation de lâcher le ballon, obtenue à la tour de contrôle de Merville, Anatole IV s’envole… mais sans la nacelle ! « La corde s’est cassée », explique Maxime. Heureusement, une enveloppe de secours était prévue. « C’est la première fois que ça arrive ! », s’étonnent MM. Richard et Verbrugge.

Pour le deuxième essai, ce sont deux ballons qui sont gonflés, afin d’obtenir le même volume d’hélium. Ce second lancement est un succès ! Les spectateurs, curieux, n’ont pas hésité à poser des questions. Une fois le ballon dans les airs, le rendez-vous était donné dans les locaux de Géotopia, pour suivre sa progression grâce à la retransmission par GPS, sur le matériel des radioamateurs. De même, les données des expériences étaient reçues en direct grâce aux capteurs situés dans la nacelle. Celles-ci seront analysées et interprétées lors des prochains cours de MPI. Le ballon est monté à 26 km d’altitude, « tellement haut que notre appareil photo a gelé vers l’altitude de 12 000 m ! », commente M. Richard.

Les premières photos sont cependant magnifiques. « 2 400 photos ont été prises en tout ! On voit le sol lentement s’éloigner à raison d’une photo toutes les 2 secondes ». Quant aux capteurs des expériences, ils ont bien fonctionné mais « nous avons besoin de temps pour analyser les données ». Le vol a pratiquement été vertical puisqu’après 2h30, la nacelle est retombée dans les environs de Fruges. « Dans les premières minutes de descente après l’éclatement de l’enveloppe, la nacelle tombait à plus de 40 m/s du fait de l’absence d’air. Elle a lentement ralenti pour arriver au sol à 0,8 m/s. » La nacelle a été retrouvée, accrochée à 7 m de hauteur dans un arbre ! Pour les élèves de l’option MPI et leurs professeurs MM. Bricout et Richard, c’est une opération réussie !

Source : Avenir de l’Artois. Gwenaëlle DEFOSSEZ
Voir nos articles précédents sur ce sujet:
Lâcher du ballon du lycée Anatole-France de Lillers (62)
Ici le ballon sonde Anatole IV, vous me recevez ?