Les membres de l’union française des télégraphistes se sont réunis samedi matin à Albi pour la traditionnelle assemblée générale. Venus des quatre coins de l’hexagone, les passionnés de cet ancêtre du téléphone communiquent encore régulièrement en morse. « A l’heure de l’email, nous passons un peu pour des dinosaures, mais on le revendique.

C’est un moyen extrêmement performant. Concrètement, c’est un autre langage », s’amuse Jean-Luc Laden, le gaillacois organisateur de l’événement. Dans le Tarn, une soixantaine de radioamateurs sont toujours actifs « Il s’agit de tisser des liens avec des gens d’autres régions et de pays différents ». Toutefois, la ressemblance avec internet s’arrête là.

[col-sect][column]Invité d’honneur, l’albigeois Jean Touzot, 101 ans, est actuellement le doyen français des utilisateurs de ce code universel. « C’est durant le service militaire que j’ai appris la télégraphie.
J’ai eu mon premier contact radio en 1931 », se souvient-il. Aujourd’hui, cet ancien chef électricien des mines de Carmaux n’a pas totalement raccroché et poursuit cette activité avec passion.

« Je continue un peu, environ 1 heure par semaine ». Il se souvient de l’état d’esprit que partageaient les télégraphistes autrefois. « Il y avait beaucoup de camaraderie. On pouvait compter sur l’amitié désintéressée de gens que nous n’avions pourtant jamais rencontrés ».[/column] [column]Une thèse que Jean-Luc Laden confirme. « La télégraphie a sauvé beaucoup de vies », explique-t-il.

Aujourd’hui pour Jean Touzot, la pratique du morse se résume à un passe temps, mais cela n’a pas toujours été le cas. « Pendant la guerre, j’ai été affecté à la 118e compagnie radio ».

S’il avoue ne pas être passé à l’email, il conçoit toutefois l’évolution des moyens de communication avec bienveillance. « C’est comme ça, c’est le progrès », confie-t-il, le sourire en coin.
source: ladepeche.fr
En photo Jean TOUZOT F8IL[/column]
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