Après avoir été retardé à plusieurs reprises, le lancement de la radio numérique terrestre (RNT) a plus que du plomb dans l’aile. Hier, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a même décidé de renvoyer le dossier au gouvernement. « Le CSA considère qu’un soutien fort du gouvernement est indispensable au succès de la RNT », a-t-il déclaré à l’issue d’une séance plénière qui s’est tenue hier. En clair, le CSA, qui doit, selon la loi, assurer le lancement de la RNT, sans date limite, estime que c’est à la puissance publique de « prendre ses responsabilités » et de régler le principal problème : celui du financement.

Face à l’hostilité des grandes radios privées, réunies au sein du Bureau de liaison de la radio (qui intègre les radios des groupes Lagardère, RTL, NRJ et NextRadioTV, soit les plus importantes radios privées en France), le CSA était confronté à un dilemme. Un an après les résultats de l’appel d’offres concernant un lancement de la RNT à Paris, Marseille et Nice, il pouvait soit délivrer les autorisations, ce qui aurait rendu le processus de lancement irréversible, soit accéder aux demandes des radios privées qui demandaient un moratoire de dix-huit mois. Très mobilisées, celles-ci avaient fait savoir au CSA, en début de semaine, qu’elles ne participeraient pas au lancement de la RNT dans les conditions actuelles, quelle que soit sa décision. Et pour le CSA, il était hors de question d’accepter le moratoire, pour ne pas donner l’impression de céder à leur lobbying. D’où le renvoi du dossier au ministère de la Culture et de la Communication. Problème, la RNT ne figure pas dans le volet numérique du grand emprunt, ce qui laisse planer tous les doutes sur son financement.
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