Chaque année, le monde produit 40 millions de tonnes de réfrigérateurs, télévisions, ordinateurs, téléphones et autres appareils qui se transformeront un jour en déchets électriques et électroniques (DEEE). À côté des filières de recyclage « officielles », un grand nombre de ces déchets partent en Asie, en Inde et en Afrique, où ils mettent en péril l’environnement et la santé des habitants.

Toujours plus de DEEE

La quantité de déchets électroniques produits dans le monde ne cesse d'augmenter (ici, à Giuyu en Chine).

Publié le 22 février, le rapport du programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) chiffre à 40 millions le nombre d’appareils électriques et électroniques mis sur le marché chaque année, dont 13 millions pour la seule Europe. En fonction de leur durée de vie – 2 ans pour un téléphone portable, entre 5 et 7 ans pour un ordinateur, jusqu’à 14 ans pour un réfrigérateur –, tous ces appareils ont vocation à devenir des déchets électriques et électroniques (DEEE). Or ces déchets ne sont pas des déchets comme les autres. Tout d’abord, ils ont une valeur : en plus des métaux « classiques » comme le nickel, l’aluminium ou le cuivre, les DEEE renferment des métaux précieux comme le platine, l’or ou l’argent (utilisés notamment dans les circuits électroniques), qu’il est intéressant de récupérer. Parmi les dizaines de matériaux qui les constituent – jusqu’à 40 pour un téléphone portable –, ces appareils renferment également des composants hautement toxiques qui demandent une manipulation précautionneuse : métaux lourds comme le cadmium, le mercure, le chrome hexavalent ou le plomb contenu dans le verre des écrans cathodiques ; retardateurs de flamme bromés utilisés dans les plastiques pour les empêcher de prendre feu. Problème : une part importante de ces déchets est démantelée dans les pays en développement, où ils menacent directement l’environnement et la santé des habitants.
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