Anticipant une baisse des tarifs de rachat de l’énergie solaire par EDF, des milliers de spéculateurs ont déposé des dossiers fin 2009. Le gouvernement a dû changer les règles afin d’éviter une hausse de 10 à 11 % de la facture d’électricité des Français.

Confronté à une spéculation sans précédent, le gouvernement publie ce matin de nouveaux tarifs d’achat de l’électricité solaire par EDF, tout en changeant les règles pour les projets déposés ces derniers mois, a-t-on appris de sources proches du dossier. Toutes les demandes d’achat d’électricité effectuées à compter du 1er novembre, qui n’auront pas été suivies d’une demande de raccordement au réseau électrique à la date du 11 janvier 2010, vont être annulées. Elles devront être renouvelées sur la base des nouveaux tarifs rendus publics aujourd’hui.

Anticipant la baisse des prix de rachat, de nombreux spéculateurs se sont en effet empressés de déposer des dossiers auprès d’EDF. Ainsi, en novembre et décembre, l’électricien a reçu environ 3.000 dossiers par jour, contre une moyenne de 5.000 par mois cet été. La quasi-totalité de ces demandes concernaient les tarifs d’achat à 58 centimes par kilowatt heure, les plus élevés au monde.

Pour protéger le pouvoir d’achat des Français, l’Etat n’a eu d’autre choix que de les annuler. Ces contrats d’achat en effet sont valables vingt ans. Si tous les dossiers déposés en novembre et décembre avaient été acceptés, ils auraient occasionné à eux seuls une charge de 2,8 milliards d’euros par an, soit 56 milliards d’euros sur vingt ans ! Pour y faire face, il aurait fallu augmenter la facture d’électricité de chaque Français de 10 % à 11 % ! La différence entre le prix d’achat par EDF de l’électricité photovoltaïque et le prix de marché de l’électricité (de 5 à 6 centimes d’euro par kilowattheure) est en effet comblée par une taxe, la contribution au service public de l’électricité (CSPE), acquittée tous les deux mois par chaque consommateur d’électricité. Aujour-d’hui, celle-ci s’élève à 1,6 milliard d’euros, dont 500 millions pour les énergies renouvelables.

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