La France doit lancer aujourd’hui un nouveau satellite militaire d’observation, Hélios 2B, afin de disposer d’une paire d’espions couvrant tout le globe.

L’« œil de Moscou » est légendaire, Washington est encore plus richement doté. Mais la France est également une puissance majeure dans la surveillance de la planète à des fins stratégiques et sécuritaires, même si elle a acquis cette capacité, qu’elle considère comme essentielle pour sa souveraineté, bien après les deux « superpuissances » du XX e siècle. Les Américains avaient lancé le premier satellite-espion en janvier 1961, les Soviétiques avaient suivi en avril 1962. Ce n’est que le 7 juillet 1995 que le premier observatoire militaire tricolore, Hélios 1A, était placé en orbite depuis Kourou. Mais cet engin, qui a reçu en 1999 le renfort d’Hélios 1B, répondait alors aux critères les plus pointus des techniques optiques et de la transmission numérique des images.

Dans la langue des spécialistes, ces « mouchards », qui se jouent — en toute légalité — des frontières ou des espaces aériens, ont des missions « de renseignement, de géographie, de ciblage et de préparation mission » (Laurent Collet-Billon, délégué général à l’Armement (DGA), cité dans CnesMag).

Les satellites n’étant pas éternels et les évolutions technologiques rapides, l’heure de créer une seconde génération a sonné. Hélios 2B, qui doit prendre la route des étoiles aujourd’hui, viendra épauler son aîné Hélios 2A, quasiment pour son 5 e anniversaire (18 décembre 2004). Conçus par la DGA et le CNES (Centre national d’études spatiales), ce sont deux appareils de 4,2 tonnes (contre 2,5 t pour la première génération), dont la construction a été confiée à EADS Astrium.

Depuis une orbite à quelque 700 km, passant par les régions polaires de façon à couvrir la totalité du globe ()