[column]Un député d’Alsace – sur demande d’un radioamateur, fort probablement – a demandé au Ministre la raison pour laquelle la France n’appliquait pas la licence harmonisée européenne novice. Tout d’abord, un rapide tour sur le site de l’E.R.O nous indique que seuls 14 pays appliquent cette recommandation, contre 32 qui ne le font pas ; certaines administrations, pourtant reconnues pour leur bienveillance envers le service amateur, comme l’Irlande, la Suède ou encore la Norvège, ont manifesté un refus définitif.
 
Mais d’ailleurs, que dit-il ? Il dit simplement qu’avec une licence C.E.P.T novice, un radioamateur novice étranger peut opérer sur le territoire d’un pays signataire comme s’il s’agissait d’un radioamateur novice national. En quelque sorte, il s’agit d’un texte définissant une réciprocité ; en particulier, il ne définit ni n’octroie aucune bande de fréquences harmonisée. Ces dernières restent fixées par les administrations nationales dans leur domaine de compétence.
 
Concernant la licence novice, la position de l’U.R.C est claire, et nous l’avons maintes fois réitérée : la F0 dans la forme actuelle devrait progressivement disparaitre au profit pourquoi pas, d’une nouvelle licence  et l’URC réfléchit aux éventuelles évolutions possibles. Cette licence  devient d’ailleurs de moins en moins populaire : le nombre de candidats baisse, et cette classe pâtit de l’existence de nombreux abus qui rejaillissent sur les titulaires respectant la réglementation. L’expérience mitigée du reclassement général FA/FB qui a eu lieu il y a quelques temps devrait être pris en compte.
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[column]Les derniers chiffres  de l’administration (fin août) montrent un certain reflux de candidats à la classe 3 au profit des classes 2 et 1. Si la licence novice constitue effectivement un tremplin pour certains (environ 600 F0 en France), qui souhaitent entrer progressivement dans le monde amateur plutôt que de passer directement l’examen de classe 2 ; elle est aussi, par sa facilité, et notamment son niveau technique minimal, une possibilité d’accès à bon marché à la licence avec les privilèges qu’elle octroie. L’expérience passée montre qu’une bonne formation, doublée d’une vraie motivation peut permettre à n’importe qui de passer l’examen technique, dont le niveau n’est pas celui d’un diplôme d’ingénieur.
 
Dans ces conditions, il nous semble également souhaitable que la France n’applique pas la recommandation ECC/REC/(05)06 (qu’elle n’a d’ailleurs pas signée) ; après tout, la réciprocité européenne constitue encore une raison supplémentaire de passer l’examen de technique. De plus, compte-tenu de l’absence d’harmonisation des examens novices, il semble difficile de justifier une quelconque réciprocité.

L’URC entreprenant actuellement une réflexion sur le futur de la classe « novice » en France, souhaite rebondir sur cette intervention pour vous proposer d’en débattre avec ses responsables sur la liste « débat_URC » (pour s’inscrire : yahoo.com/group/debat_urc) à partir des premiers points à trancher que nous avons déjà déterminés.

Le CA de L’URC

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Pour mémoire, voici le texte de l’intervention à l’assemblée nationale publiée au JO le: 01/09/2009 :
Ministère interrogé: Industrie
Objet: Radioamateurs, Licences, Réglementation.

M. Jean-Luc Reitzer attire l’attention de M. le ministre chargé de l’industrie sur la réglementation en vigueur en matière de radio amateurisme notamment en ce qui concerne les radioamateurs de classe « novice ». En effet, les radioamateurs de classe 3 dite « novice », détenteurs de la licence F0, ne sont autorisés, selon la réglementation française, à émettre que sur des bandes de fréquences allant de 144 à 146 Mhz pour une puissance de sortie en crête des signaux de 10 watts maximum.
Or il apparaît que de nombreux pays européens ont, au cours des derniers mois, modifié leur législation et adopté la licence « novice » de type CEPT qui permet aux radioamateurs de la classe « novice » de ces pays d’émettre en VHF 144 à 146MHz, en UHF de 430 à 440 MHz ainsi que sur de nombreuses bandes décamétriques, et ce avec une puissance de sortie en crête comprise entre 10 et 100 watts.
Près de 20 000 personnes sont titulaires d’une autorisation de communiquer par radio en France. Nombreuses sont celles appartenant à la classe « novice » qui se voient pénalisées au regard de leurs confrères européens et limités dans leur capacité de communication.

Aussi il lui demande de bien vouloir lui indiquer si la France entend s’harmoniser avec ses proches voisins européens et adopter la licence «novice » de type CEPT pour les radioamateurs de classe 3.